Ouverture du dimanche et hypocrisie roubaisienne

INTERVENTION AU CONSEIL MUNICIPAL SUR LE TRAVAIL DOMINICAL

La loi du 10 août 2009 changeant les conditions du travail dominical a suscité de vives oppositions et très peu d’enthousiasme, dans la majorité gouvernementale elle-même.
A travers la banalisation du travail dominical, il s’agit d’une opération supplémentaire de détricottage du code du travail. Tous les syndicats sont contre la déréglementation du travail le dimanche.

Et citons l’énergique communiqué du secrétariat national du parti socialiste titré « travail du dimanche, une tromperie organisée » et qui concluait que « pour le parti socialiste, le travail du dimanche, c’est inefficace sur le plan économique, dangereux pour les salariés, néfaste pour la vie sociale».
On ne peut qu’approuver, mais cherchez donc l’erreur avec cette délibération qui nous propose de mettre le doigt dans l’engrenage en attendant de s’y laisser entraîner tout entier.
Evidemment, elle le fait à la mode roubaisienne, ce qui veut dire dans le cas présent de façon un peu hypocrite.
Résumons : la ville est contre, elle le fait quand même et elle se donne quelques excuses en guise d’alibis.

L’excuse de la limitation aux 2 ensembles de magasins d’usine, ce qui entre parenthèses va créer une distorsion de concurrence, et donc les conditions d’un élargissement futur.

L’excuse de l’animation culturelle comme si mettre la culture au service de la marchandisation pouvait être l’antidote à la marchandisation elle même.

L’excuse sociale puisqu’il s’agirait, si j’ai bien compris, une occasion d’aider la population à faible pouvoir d’achat à avoir quelques revenus supplémentaires, argument qui frise l’indécence.

C’est toute une pratique politique qui est contenue dans cette délibération : nationalement, on affirme des principes vertueux pour la frime et localement, on donne satisfaction aux marchands du temple.

Nous voterons contre cette délibération.
Christian CARLIER
15 octobre 2009

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