A la recherche de l’unité perdue

Avant les élections régionales, il faut tourner la page des départementales et comme c’est aussi la veille du congrès du PS, la tentation est grande de réécrire l’histoire.

La gauche aurait elle gagné si elle avait été unie à Roubaix 1 ?

René VANDIERENDONCK et Gilles PARGNEAUX ont, dans des registres différents, suggéré que Roubaix 1 aurait pu ne pas être perdu par la gauche si il y avait eu accord avec EELV.

Et si EELV, car c’est toujours de ce coté là qu’il faut rechercher le coupable, si EELV donc, avait accepté de passer un accord avec le PS ?

Il faut rétablir la réalité des faits.

Il aurait d’abord fallu passer le cap du 1er tour et donc rassembler au moins 93 % du total des électeurs PS et EELV. Cela n’était pas assuré.

Et cela n’aurait pas réglé pas la question du second tour.

Un sondage OpinionWay donne les clés des reports de voix dans le cas d’un duel gauche/droite : 65 % des électeurs FN votent à droite et 13 % à gauche, 9 % des électeurs Front de Gauche votent à droite et 72% à gauche, 84 % des électeurs divers droite votent à droite et 10 % à gauche.

La droite serait passée avec 2.200 voix d’avance sur la gauche, car l’abstention et le report FN sur droite auraient été décisifs.

Un accord intégrant le Front de Gauche aurait certes rendu le 1er tour plus confortable mais n’aurait rien réglé pour le second, la gauche ne disposant plus de réserve.

On peut s’étonner que des observateurs aussi attentifs puissent se leurrer à ce point et passer à coté des vrais causes de cet échec.

Pour gagner, il aurait d’abord fallu un PS uni, réellement uni, et une candidature PS vraiment à gauche.

Rappelons aux amnésiques que le PS a fait alliance avec un suppléant dont le positionnement est plutôt à droite et les pratiques politiques plus qu’ambiguës.

Et que la conviction que cette stratégie était gagnante était telle que jamais le moindre signe n’a été fait aux forces de gauche.

Il aurait ensuite fallu que renaisse une dynamique à gauche convaincante pour les électeurs.

Que soit donc surmonté le séisme des municipales de l’année dernière.

Que soient aussi surmontées les énormes déceptions de la politique nationale : les promesses non tenues, l’austérité, la course aux recettes libérales, la loi Macron adoptée par 49-3, une réforme territoriale illisible…

Et ceux qui pensent que cela ne concerne pas les Roubaisiens, nous les invitons à se pencher sur la situation des 3 établissements scolaires en grève contre une diminution des moyens orchestrée au lendemain de l’engagement médiatique de la ministre Najat VALLAUD-BELKACEM de renforcer l’action éducative dans les territoires les plus pauvres.

Nous croyons qu’il faut faire un bilan sincère.

Nous pensons que vouloir sauver les partis, les places, les positions institutionnelles par tous les moyens, y compris les alliances contre nature, confondre unité et alignement n’a aucun sens.

Pour avancer, il faut une bonne dose d’autocritique, entendre les profondes déceptions qui se sont exprimées dans ce scrutin et ceux qui l’ont précédés.

Le chantier est devant nous : reconstruire l’espoir autour d’un projet, ne pas faire l’économie d’une remise en cause de la politique du gouvernement, construire le rassemblement dans le respect ce qui suppose de ne pas confondre unité et alignement.

Ces élections départementales en montrent l’urgence.

Christian CARLIER, Majdouline SBAI

Des choix budgétaires qui renforcent la crise

L a majorité a voté le budget.

Elle indique désormais ses priorités par un message clair d’austérité en s’attaquant aux familles et à la jeunesse par une hausse des tarifs de cantine de 10%, 20% sur les loisirs sans hébergement (vacances, mercredis récréatifs), aux associations en annonçant même le tour de vis supplémentaire pour 2016, aux centres sociaux, alors que bon nombre font face à de grandes difficultés, envoyant un signal de retrait aux autres financeurs et risquant de saborder les futurs États Généraux.

Slimane Tir,  Myriam Cau
pour le groupe “Ensemble, le pouvoir d’agir”

avril 2015