Lettre aux défenseurs des animaux

À l’occasion des élections régionales des 6 et 13 décembre 2015, les militants Nord-Pas de Calais Picardie d’Europe écologie Les Verts, du Parti de Gauche-Front de Gauche, de Nouvelle Donne, de la Nouvelle Gauche Socialiste et de plusieurs collectifs de citoyens, ont décidé de se rassembler pour construire une alternative citoyenne, écologiste et solidaire pour notre région.

Notre projet est construit par et pour les habitants de la nouvelle grande région.
10 forums participatifs ont été organisés, et ont permis de recueillir plus de 850 propositions à partir desquelles nous avons élaboré notre programme.
Cette lettre ouverte que nous vous adressons aujourd’hui nous donne l’occasion de détailler les propositions de notre programme.

• Nous suspendrons toute subvention aux fermes-usines et à l’élevage industriel :

Notre région Nord Pas de Calais – Picardie est marquée par une industrialisation de l’agriculture et notamment de l’élevage. Cette industrialisation s’accélère, avec le développement de fermes-usines qui, hier encore, n’existaient pas : l’usine des « 1000 vaches » à Drucat (Somme), la porcherie géante des « 3100 porcs » à Loueuse (Oise), le projet d’engraissement des « 1000 taurillons » à Landiflay (Aisne), le projet de ferme-usine des « 4500 porcs » d’Heuringhem (Pas de Calais), ou encore le projet des « 250 000 poules pondeuses » à Doullens (Somme).
Nous nous opposerons à tout projet d’implantation de ferme-usine sur le territoire de la région, en soutenant les mobilisations citoyennes et les recours juridiques.

• Nous encouragerons des formes d’élevage respectueuses du bien-être animal :

A rebours de la logique d’industrialisation de l’élevage, nous encouragerons les conversions des élevages vers des pratiques respectueuses des animaux, notamment en facilitant la reconversion professionnelle des éleveurs qui souhaitent conserver une activité agricole (hors ARP).

Nous accentuerons les efforts du Conseil régional pour la promotion du pâturage, en continuité avec l’actuel programme « Vivre l’Elevage en Picardie » qui sera étendu à toute la grande région. Nous mettrons en place un plan d’urgence pour le développement d’abattoirs mobiles dans la grande région et d’autres mesures nécessaires pour la réduction du transport d’animaux vivants.

De plus, dans le cadre du Plan Régional de l’Agriculture Durable et de la mise en œuvre d’un Plan Régional de développement de l’agriculture biologique, nous souhaitons passer de 1% à 10% de la surface agricole utile en bio en 2021. Nous soutiendrons plus fortement les projets de conversion d’agriculteurs conventionnels vers le bio, ainsi que la transmission des exploitations et l’installation de jeunes agriculteurs en bio (principalement par des actions de libération du foncier agricole en lien avec l’association Terre de Liens). Nous ferons évoluer les labels « Saveurs en Or » et « Terroirs de Picardie » vers du 100% régional et bio.

Enfin, nous favoriserons l’agriculture locale et paysanne en soutenant activement les AMAP, les épiceries solidaires et la vente directe, mais aussi en instaurant un critère « impact carbone » dans les marchés publics du Conseil régional pour favoriser l’approvisionnement local.

La Région doit défendre et promouvoir une juste rémunération du travail des agriculteurs et des éleveurs, soutenir l’offre de prix justes aux producteurs, restant accessibles pour les consommateurs.

• Nous instaurerons une alternative quotidienne végétarienne dans les cantines relevant de la Région :

Pour les régions, la mise en place d’une cantine scolaire est obligatoire et la collectivité est directement responsable de la restauration scolaire (article L214-6 du code de l’Education).

Dès que le cadre réglementaire national le permettra, nous instaurerons une alternative quotidienne végétarienne dans les cantines relevant de la Région. Pour assurer la mise en place de cette mesure, nous commencerons par établir :

• un repas végétarien hebdomadaire pour tout-e-s ;
• des outils tels que des chartes ou des guides des menus dans les cantines ;
• et enfin des formations du personnel de restauration à la cuisine végétarienne et aux bases de l’équilibre nutritionnel de l’alimentation végétarienne.

De plus, par la création d’une centrale publique d’achat régionale visant à regrouper les commandes des lycées, CFA et restaurants universitaires ou administratifs dépendants du Conseil régional, nous aurons pour objectif d’atteindre 50 % de bio local d’ici la fin du mandat dans les assiettes en accompagnant les producteurs bio ou en conversion.
En attendant l’instauration progressive de l’alternative quotidienne végétarienne, nous privilégierons notamment la consommation d’œufs et ovo-produits issus d’élevages bio et en plein air ; nous refuserons l’achat de produits contenant des OGM, ainsi que des poissons pêchés en eaux profondes ou encore les viandes issues d’animaux abattus sans étourdissement.

Enfin, nous accentuerons les actions de sensibilisation au bien-être animal ainsi qu’à la réduction des déchets alimentaires, notamment dans les cantines des lycées.

• Nous lutterons contre tout acte de violence envers les animaux

Nous souhaitons également ne pas soutenir de structures mettant en scène des actes de cruauté envers les animaux (exemples : cirques, gallodromes, Ch’ti Fox days, piégeages, etc).

Nous nous engageons à interdire la chasse le dimanche. Nous refusons de céder aux lobbies de la chasse comme d’autres candidats pour ces élections régionales.

• Nous développerons des modules de formation à la sensibilité animale :

Le Conseil régional adopte le schéma prévisionnel des formations des lycées et des établissements d’éducation spéciale, des lycées professionnels maritimes et des établissements d’enseignement agricole (art. L. 214-1 du Code de l’éducation).
Pour toutes les filières qui destinent les personnes à travailler directement ou indirectement avec des animaux, en particulier dans les lycées agricoles, nous prévoirons donc dans le cursus des modules de formation à la sensibilité animale et aux besoins spécifiques des espèces concernées.

Ainsi, dans les lycées agricoles, nous encouragerons les interventions des associations de défense des animaux afin que l’enseignement ne soit pas délivré uniquement par des ingénieurs et zootechniciens.

Pour les lycées hôteliers, nous proposerons des modules de formation à l’alimentation végétale et au lien entre « nutrition et climat » et « nutrition et santé », de gestion des déchets, de souci de l’origine des « produits ».

• Nous engagerons plusieurs actions de restauration de notre biodiversité régionale et notamment de la faune sauvage

Concernant directement la restauration de la faune sauvage, nous soutiendrons la réintroduction des espèces régionales disparues (comme le castor, la loutre et l’abeille noire) et des espèces en danger comme les pollinisateurs. Nous agirons, dans le cadre de nos compétences, pour favoriser une diminution drastique de l’usage des pesticides et l’utilisation des néonicotinoïdes, véritables poisons pour les insectes pollinisateurs comme pour l’homme.

De manière plus large que la seule restauration de la faune sauvage, nous engagerons la restauration de la biodiversité régionale, en soutenant la création d’un Parc naturel régional de la Baie de Somme Trois Vallées, ainsi que la création d’une Agence régionale de la biodiversité, conformément au Code de l’environnement qui prévoit que le Conseil régional peut décider du classement en Réserves naturelles régionales (art. L. 332-2-1) et impulse la création des Parcs naturels régionaux (art. L.333-1 du Code de l’environnement).

Nous accélèrerons le plan forêt régional, poursuivrons le développement de la trame verte et bleue (réservoirs et corridors de biodiversité), et sacraliserons les zones humides régionales. Nous lancerons un plan de reconquête écologique des espaces dégradés sur l’ensemble des friches industrielles de la grande région. Enfin, nous proposerons une gestion différenciée des espaces verts pour rétablir des couloirs écologiques en ville et nous ferons des lycées des îlots de nature en promouvant la création de potagers, l’installation de ruches et d’unités de compostage.

• Nous soutiendrons la conversion écologique de l’économie de la mer

Le Conseil régional étant compétent pour aménager et exploiter les ports maritimes de commerce et de pêche qui lui ont été transférés (loi n° 2004-809 du 13 août 2004), nous accompagnerons les artisans pêcheurs pour acquérir des navires moins polluants et plus économes via des opérations de leasing. De plus, nous soutiendrons l’aquaculture durable le long des côtes, notamment par la création de nurserie à poissons.

En conclusion, le Rassemblement citoyen, écologique et solidaire s’engage donc à favoriser la condition animale dans le cadre d’une approche globale, avec de multiples actions concrètes dans les différents champs de compétences du Conseil régional (alimentation,

Sandrine Rousseau
Candidate du Rassemblement “Choisir une région citoyenne, écologique et solidaire”élevage, faune sauvage, pêche, formation professionnelle).

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