Lettre ouverte aux apprentis et à leur famille, aux entreprises qui les accueillent et à leurs enseignants

À l’occasion des élections régionales des 6 et 13 décembre 2015, les militants Nord-Pas de Calais Picardie d’Europe Écologie Les Verts, du Parti de Gauche-Front de Gauche, de Nouvelle Donne, de la Nouvelle Gauche Socialiste et de plusieurs collectifs de citoyens, ont décidé de se rassembler pour construire une alternative citoyenne, écologiste et solidaire pour notre région.

Notre projet est construit par et pour les habitants de la nouvelle grande région.
10 forums participatifs ont été organisés, et ont permis de recueillir plus de 850 propositions à partir desquelles nous avons élaboré notre programme.

Le développement de l’apprentissage, sur le plan quantitatif et qualitatif fait partie intégrante de notre projet. Cette lettre ouverte que nous vous adressons aujourd’hui nous donne l’occasion de détailler nos propositions en la matière.

L’apprentissage est pour notre Rassemblement un sujet essentiel puisqu’il constitue une compétence centrale de la Région et un outil permettant aux jeunes attirés par un métier et qui veulent une formation sous contrat de travail, de trouver leur voie. Il doit être développé qualitativement et quantitativement, en luttant contre le décrochage, en garantissant un bon encadrement social et pédagogique, en offrant de bonnes conditions en matière de travail, de transport et d’hébergement.

L’apprentissage ne doit pas être une voie de garage pour des jeunes qui vont aller travailler chaque matin à reculons. Il doit être un choix et un facteur d’épanouissement. Beaucoup de formations en apprentissage dans le secondaire souffrent encore d’une image de « second choix » qu’il faut faire évoluer.

Nos propositions s’articulent autour de 3 axes principaux :

• Accompagner les apprentis dans leur parcours, veiller à leurs conditions de travail

Si l’apprentissage relève d’un choix réel, et que l’accueil dans l’entreprise est positif, l’apprenti sera satisfait et l’entreprise bénéficiera d’un apport efficace à son activité. C’est pourquoi il est essentiel de bien accompagner les jeunes dans leurs projets de formation et de leur présenter en amont la variété des formations qui peuvent exister, comme les avantages concrets de la formation par alternance.

Les jeunes doivent aussi être accompagnés et aidés pour saisir au mieux les codes de l’entreprise, pour comprendre la posture à adopter. Les missions locales le font déjà, mais il faut généraliser cet accompagnement pour mieux préparer les jeunes. Cela permet à la fois d’évaluer leurs attentes vis-à-vis de l’entreprise et de s’y adapter, mais aussi de le préparer aux attentes des entreprises.

Dans le cadre de cet accompagnement, la prise en compte des contraintes familiales est également essentielle. Une relation de confiance entre l’apprenti, sa famille, et l’entreprise doit être instaurée, c’est un gage de succès.

La qualité de l’accueil des entreprises va être déterminant, à la fois dans le bien-être de l’apprenti, dans la qualité des savoirs transmis et dans le parcours futur du jeune. Il faut, via les chambres consulaires, sensibiliser les entreprises à cet accueil des apprentis et former les encadrants pour lutter contre les échecs et les entreprises maltraitantes. L’apprenti est d’abord là pour se former, acquérir un savoir, un tournemain, mais surtout pas uniquement pour réaliser les basses besognes.

Enfin, il est essentiel d’ouvrir d’avantage les formations, de ne pas se cantonner aux métiers qui « embauchent » à court terme. Nous préconisons notamment de renforcer l’apprentissage dans les formations aux métiers de la transition écologique et sociale, qui vont connaître un important développement dans un futur proche et qui sont des vecteurs dynamiques d’emplois durables et non délocalisables. Il s’agit en particulier des métiers du bâtiment, du secteur des énergies renouvelables, de la filière bois, du numérique, ou encore des services à la personne.

• Conforter et renforcer les dispositifs existants

Pour développer les débouchés professionnels et faciliter l’intégration des jeunes en entreprise, un grand nombre de dispositifs existent déjà. Les missions locales mettent en place un accompagnement à l’alternance avec des stages pour faire découvrir des métiers, confirmer un projet ou vérifier l’acquis des « actes métiers ». Ces périodes d’immersion sont courantes et ont une véritable utilité puisqu’elles permettent de confronter le jeune à la viabilité de son projet. Il faut conforter ces dispositifs qui sont énormément sollicités.

Nous développerons l’accompagnement de tous les jeunes mineurs pour les sensibiliser aux contrats en alternance et aux possibilités de formation qu’ils offrent. Cette voie est d’autant plus essentielle qu’elle permet aux jeunes en difficulté scolaire de retrouver une image positive d’eux-mêmes et qu’elle offre l’occasion de s’immerger dans la réalité quotidienne d’un métier, ce qui est indispensable en particulier pour les jeunes en formation technologique.

• Assurer la représentation des apprentis

Nous proposons d’ouvrir la réflexion pour la mise en place d’une représentation des apprentis dans les instances de gouvernance (via les élections professionnelles). L’enjeu est de mieux appréhender les sujets et les problématiques récurrentes pour les apprentis, et de pouvoir y apporter les réponses les plus adaptées. L’âge de certains apprentis, non encore majeurs, constitue un frein à cette idée, mais on peut parfaitement imaginer des élections de représentants locaux avec des collèges représentatifs qui se réuniraient, débattraient et feraient remonter leurs préconisations aux chambres consulaires de niveau départemental puis régional. Nous créerons un Conseil régional des Jeunes où les apprentis auront une représentation.

• Assurer la mobilité des apprentis

Nous proposons d’établir la gratuité du TER pour les moins de 26 ans, pour ouvrir le TER aux familles, et permettre la mobilité des jeunes, notamment des apprentis, pour étudier puis pour chercher ou occuper un premier emploi.

Au sein du Rassemblement, notre ambition est de développer une vision de formation tout au long de la vie, indispensable à la transformation en profondeur de notre société et de notre économie. Nous nous battons sans relâche, pour qu’existe un continuum de formations, sans rupture et avec les passerelles nécessaires, afin de permettre à tous de se former et de s’intégrer dans les meilleures conditions possibles. Cela passe par la construction de filières de formation, du CAP au Master, y compris par la voie de l’apprentissage.

La formation doit être émancipatrice, volontariste, un levier pour le changement, où chacun peut faire évoluer sa vie et son parcours professionnel pour s’adapter à un monde en mouvement, sans être en situation de subir violemment les conséquences de ce changement. Ce qui est en jeu, c’est de faire, de produire, d’entreprendre autrement, en impliquant l’ensemble des salariés dans l’objet de l’entreprise.

L’apprentissage a une carte à jouer pour développer ce faire ensemble qui favorise l’association des individus, les échanges de pratiques, d’expériences, de compétences, la mutualisation des projets et des biens ainsi que le tissage de liens entre acteurs.

Persuadée que vous partagez ces valeurs et cette ambition, je suis à votre disposition pour poursuivre et développer nos échanges sur le sujet.

Sandrine Rousseau
Candidate du Rassemblement “Choisir une région citoyenne, écologique et solidaire”

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