Délibération 311 : LOGEMENTS INDECENTS

Cette délibération vise à améliorer et élargir les contrôles de décence du logement menés pour le compte de la CAF.
Une démarche ancienne, essentielle et que vous avez raison de poursuivre
Je voudrai appeler la municipalité, à élargir l’appréciation de la décence à l’environnement immédiat et la gestion urbaine de l’habitat.
Les conditions extérieures doivent être prises en cause dans l’indécence et sont mentionnées dans la grille d’évaluation de la CAF : présence de déchets, défauts d’entretien des plantations, évacuations, présence de nuisibles et de rongeurs.
Je ne veux pas entrer dans les détails de cette terrible histoire arrivée à une jeune fille attaquée par les rats, c’est une victime elle doit être pleinement respectée, mais il faut en tirer les conséquences.
On ne peut pas se contenter de l’examen de la décence des logements loués pour le compte de la CAF, une vigilance doit s’exercer plus largement au niveau des ilots urbains.
Je ne cherche pas à accuser le trait, tout le monde a conscience de la difficulté à tenir propre une ville comme Roubaix mais là il y a vraiment un seuil d’alerte qu’il faut à nouveau entendre. Un logement ne peut être décent si son environnement ne l’est pas.
Il y a des choses qui ne vont pas :
Des lieux sont jonchés de détritus et de dépôts sauvages de façon récurrente, le coin devant la Condition Publique avec ses conteneurs est dans un état épouvantable
On accepte un niveau de saleté dans certains lieux que l’on ne laisserait pas dans d’autres
La présence des rats revient dans de nombreux témoignages, il faut comprendre ce qui se passe et agir
Le signalement atteint ses limites : on n’a pas de retour de l’application vivacité on ne sait pas où cela arrive et ce qui est fait, parfois il semble que cela marche d’autres fois non
Il faut des équipements adaptés, fonctionnels, pour un environnement réellement sain et parfois ce n’est pas le cas concernant certaines fractions du parc ancien, il faut trouver des solutions avec les habitants pour que cela marche.
On ne peut se passer d’une gestion humaine de proximité, que ce soit les bailleurs sociaux ou privés, la ville : il faut des humains face aux humains. Les coordinateurs propreté et les ambassadeurs font certainement un travail important, mais sont difficile à repérer et à contacter. Quand les gens sont perdus, ils démissionnent, le fatalisme et la grogne s’installent.

On a besoin de réanimer à nouveau cette politique. On ne peut se passer d’une gestion urbaine de proximité (coordination des acteurs associé à la participation des habitants).

Il faut retrouver ce goût du dialogue productif, accepter d’entendre les réclamations, ne pas laisser s’installer un climat de suspicion, et instituer un cadre collectif d’action où les uns et les autres sont en bonne coordination et complémentarité.
Comme vous je l’imagine Mr le Maire, Mme Ala j’ai lu la lettre ouverte des associations qui appellent à se mobiliser pour un cadre de vie décente et une ville plus solidaire.
Il faut entendre et travailler avec tous, unir la maitrise d’usage des habitants et associations et la capacité d’agir de la Ville est une obligation pour réussir. Les habitants veulent être considérés, ils sont une partie de la solution.
Et il faut faire attention à l’excès de politique de communication autour du zéro déchet, il y a à un moment une dissonance cognitive entre l’image renvoyée et vantée, et la réalité vécue. Les gens ne font pas dans le détail. Alors faisons un effort pour que la politique zéro déchet de la ville soit crédible par l’exemple donné de la propreté.
Je ne dis pas que c’est simple, mais on est sur des besoins basiques il faut réussir.
Nous votons cette délibération, nous appelons à ce que chacun se mobilise pour des quartiers décents et un dialogue de qualité des acteurs entre eux.

Myriam CAU