ICEO, vers la liquidation judiciaire, la Ville laisse sans réponse les questions

Monsieur le Maire

Nous souhaitons avoir des éclaircissements quant à la situation d’ICEO, à la responsabilité de la Ville dans l’évolution de celle-ci et notamment par rapport aux grands enjeux que représentent conjointement la politique de propreté et au devenir des personnes salariées.

Je voudrai d’abord émettre une considération générale avant de poser quelques questions précises:

Nous pouvons considérer qu’il est particulièrement difficile de conduire 2 objectifs aussi fondamentaux dans le contexte de Roubaix, que l’insertion et l’accompagnement à l’emploi des personnes, et que la délivrance d’une bonne qualité de propreté sur la Ville. Tenir ces 2 objectifs représentant chacun en soi un défi est probablement se doter d’une contrainte au carré.

« On peut difficilement exiger une productivité et une qualité d’intervention impeccable de gens qui se réinsèrent et reprennent une activité, et subissent parfois des handicaps de vie. On peut difficilement exiger la meilleure motivation du monde à des personnes éloignées de l’emploi et à qui l’on demande de balayer les trottoirs, ramasser les ordures en recommençant sans cesse. »

Cela nécessite une grande compétence de management et d’encadrement, articulant technicité et humanisme, et une rigueur de gestion à toute épreuve.

Donc oui c’est difficile et il y a matière à s’interroger sur le choix de marier l’insertion et le défi de la propreté à Roubaix, et on peut même se demander si nous en avons vraiment le choix ?

Maintenant puisque l’audience de tribunal a reporté l’examen d’une décision de liquidation judiciaire au 7 novembre, j’ai plusieurs questions :

  • Pourquoi n’avez-vous pas assumé votre responsabilité, en désignant les 8 personnes représentants la Ville au Conseil d’Administration de la structure, après les élections ? en ne le faisant pas -sans parler de la démission de Pierre-Marie Vienne aujourd’hui adjoint-, le Conseil d’Administration était dans l’impossibilité de réunir le quorum et vous avez fragilisé la gouvernance. Or quelques soient vos décisions, et votre légitimité à en prendre n’est pas en cause, il était de votre devoir d’assumer la responsabilité de la Ville et d’expliquer votre démarche, eu égard au Conseil d’Administration, eu égard aux salariés, eu égard aux responsabilités historiques de la Ville quelque soit l’équipe au pouvoir.
  • Vous avez décidé de ne pas renouveler le marché à cette structure d’insertion, ce qui a été annoncé de façon technique sans contacts préalable à ma connaissance avec la structure 3 mois et demi après l’élection. Vous avez ensuite annoncé qu’elle pourrait re-postuler à l’appel d’offre, mais de fait avec l’extinction progressive liée à votre décision et à celle de la DIRECCTE qui ne veut plus dans ce contexte incertain renouveler de nouveaux contrats, le personnel s’amenuise. Il devient donc difficile voire impossible pour la structure de répondre à cet appel d’offre dans une telle situation d’affaiblissement. Vous n’avez pas accordé le délai de 6 mois sollicité par ICEO pour pouvoir répondre avec crédibilité. Croyez vous vraiment que maintenant ICEO répondra à l’appel d’offre ?
  • Pourquoi une association NET City a-t-elle été créée sur la même époque à l’adresse de SES avec le même objet ? Qui l’a créée ? Doit-on deviner qu’elle est pressentie pour répondre à l’appel d’offre à venir ?
  • Nous avons entendu dire que la structure ICEO avait de mauvais résultats d’insertion, ce qui est démenti par le Président d’ICEO mais en fait nous n’avons pas d’éléments pour objectiver le bilan d’insertion de la structure, y compris en comparaison avec des structures de même nature. Mr le Maire en disposez vous et pouvez vous nous les communiquer ?
  • ICEO, de par l’histoire et de par le poids de la commande est dépendante de la Ville de Roubaix comme donneur d’ordre. Si la structure est placée en redressement judiciaire, quelles mesures d’accompagnement entendez-vous mettre en place par rapport aux salariés permanents, sachant que pour les personnes en contrat d’insertion il ne devrait plus rester grand monde ?

Enfin je terminerai par une question sur l’atteinte des objectifs de propreté. C’est un enjeu qui a dominé la campagne, et nous n’avons de leçons à donner à personne sur le défi de la propreté à Roubaix, et d’ailleurs nous devrions tous nous astreindre à une modestie collective, tellement nous savons que la tâche est ardue et complexe.

Mais comme tout citoyen de Roubaix, nous sommes souvent excédés parfois honteux de ce que nous voyons.

Depuis les élections, nous ne voyons pas d’amélioration, nous avons sur le plan de propreté en tant qu’élus le niveau d’information donné par la presse locale. Nous attendons plus : une vision d’ensemble et une feuille de route de l’action que la municipalité entend conduire.

C’est pourquoi en attendant nous sommes très inquiet de la situation d’ICEO car l’extinction des personnels et donc de leur mission sur la propreté n’est pas compensée aujourd’hui par d’autres dispositions
Donc il y a moins de nettoyage de fait.

Je peux vous dire que si je ne contribue au postage des photos sur les réseaux sociaux, je constate avec tristesse une situation dont personne ne peut se réjouir.

Merci de vos réponses

Myriam CAU

Réponse

L’adjoint G. Wanlin a affirmé qu’il y avait une volonté de maintenir un modèle mariant les objectifs de propreté et d’insertion, que des prestataires ad-hoc étaient désormais chargés de certaines tâches précises (corbeilles publiques, feuilles mortes…) et que ces prestataires avaient eux-mêmes des postes d’insertion.

Aucun adjoint n’a voulu répondre à l’insertion. Le Maire a fait part de son souci d’être attentif à la situation d’ICEO.

A la quasi-totalité de mes questions précises, il n’a pas été apporté de réponses.

Le personnel d’ICEO présent dans le public appréciera. Les membres du Conseil d’Administration qui sont demeurés présents dans la tempête pour faire face à la perspective de liquidation judiciaire, à l’inquiétude et aux reproches des salariés peuvent être remerciés.

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Démocratie participative à Roubaix, on va où ?

Monsieur le Maire, Madame l’Adjointe en charge de la démocratie participative

Une délibération est présentée pour indiquer la participation financière que la Ville met pour compléter les actions retenues au titre du Fond d’Intervention des Territoires et de leurs Acteurs (FITA).

C’est l’occasion pour moi de valoriser la continuité du soutien du Conseil Régional aux actions qui favorisent la participation des habitants et aux projets citoyens. Ce soutien notamment qui va aux moyens propres aux habitants des comités de quartier, comme aux associations qui dans le sport ou la culture intègrent une forte dimension citoyenne.

Roubaix a une longue tradition de démocratie participative et j’en profite pour prolonger l’hommage rendu à Marc Vandewynckel décédé le mois dernier . Il fut ici un pionnier, que certains dont j’en suis sure Marie-Agnès Leman, n’ont pas oublié. Il disait –je cite ici la Voix du Nord – « je regrette que la politique de la ville se soit réduite malheureusement à une politique de quartiers dégradés, stigmatisés, alors qu’ils sont aussi et avant tout, initiatives, respect des différences, invention de nouveaux métiers, échanges de savoirs et de savoir-faire.»

Cela nous pose une exigence : être capable toujours, non pas d’invoquer les mânes du passé – mais d’inventer la démocratie participative d’aujourd’hui et demain, celle qui inclut chacun comme acteur, porteur possible d’expertise et d’initiatives.

Et là, il y a un problème. 6 mois se sont écoulés et nous n’avons pas de visibilité sur ce que la Ville entend conduire comme démarche de démocratie participative.

Nous avons compris que les Comités de Quartier seraient confortés comme interlocuteurs, nous voyons de-ci de-là des concertations autour de projet particulier –telle la difficile réunion conduite en présence de Vilogia sur le Cul de Four – mais qu’entendez vous réellement mettre en place globalement? Nous attendons une stratégie et une feuille de route qui ait de l’ambition.

  • Que faites vous des Conseils de Quartier ? ils n’ont pas été réunis depuis 6 mois, ils résultent par la loi de février 2002 sur la démocratie de proximité d’une disposition légale et obligatoire qui n’a pas été abrogée.

Un cadre et une proposition de désignation devrait à minima nous être proposée. Ces Conseils de Quartier ont eu un fonctionnement inégal par le passé, mais dans mon quartier il a souvent bien fonctionné avec une assez grande autonomie délibérative de la part des habitants. C’est un lieu possible d’information, de délibération, de mise en débat d’enjeux municipaux.

  • Comment allez vous mettre en place les Conseils Citoyens que la nouvelle Loi sur la Politique de la Ville de François Lamy demande de créer, avec des modalités précises telles que parité, tirage au sort sur les quartier de la politique de la Ville (c’est-à-dire à Roubaix sur beaucoup de quartier) ?
  • Comment à l’échelle de la Ville comptez-vous créer des lieux, des temps permettant le débat public sur des enjeux qui ne s’apprécient pas correctement à la seule échelle du quartier ? tenez par exemple quelle politique de mobilité durable et la voiture doit-elle avoir une place sur la Grand’Place ?
  • Au-delà de cet exemple volontairement choisi, comment pensez-vous articuler ces différents niveaux : comité de quartier, conseils de quartier, conseils citoyens et tous autres dispositifs de travail collaboratif avec la population et la Ste Civile ?

Je ne dis pas que c’est simple, mais c’est important, c’est déterminant dans une ville qui recèle tant de frustrations, de sentiments de ne pas être écoutés.

Cette Ville de s’en sortira pas sans aller chercher et dialoguer avec toutes les énergies.

Pour cela je demande à la municipalité d’indiquer ses intentions en matière de démocratie participative, aujourd’hui ou à l’occasion du prochain conseil municipal.

Myriam CAU

Réponse

L’adjointe MA. Leman a réitéré son soutien aux comités de quartier, indiqué les avoir tous réunis, et travaille à mettre en place un «Forum Citoyen » dont elle n’a pas véritablement expliqué l’objectif ou le cadre.

Pour le reste, il ne semble pas y avoir de feuille de route globale, ni de vision claire. Il est à craindre même que MA. Leman, voire la Municipalité n’ait pas compris que les Conseils de Quartier sont obligatoires dans les villes de plus de 80 000 habitants, c’est la Loi.