Délibération 287 Stratégie Ville Nourricière

L’étude commandée par la ville et rendue par le cabinet Auxilia est très intéressante et complète.
Des questions restent cependant ouvertes, que nous n’avons pas pu poser en commission, de nombreux schémas notamment restent difficiles à interpréter sans explication. Je voudrai donc d’abord vous demander, s’il serait possible d’en avoir une version rédigée ou plus explicative. D’ailleurs, au vu de l’intérêt de ce sujet pour tous les roubaisiens ce serait bien de le rendre accessible en ligne sur le site de la Ville.
Sur le fond, nous soutenons la stratégie de ville nourricière.
Avec ce travail, Roubaix se situe aujourd’hui dans la lignée des villes qui, comme Rennes, Albi, Ungersheim ou Grande Synthe, travaillent sur la question de l’autonomie alimentaire. Paris également a beaucoup avancé à travers sa dynamique de Ville résilientecar très sensible aux risques et aléas liés à l’approvisionnement alimentaire. Il est acquis qu’en cas de rupture d’approvisionnement les réserves alimentaires des villes permettent de ne tenir que quelques jours, 3 jours à Paris par ex.
Faire de Roubaix une ville nourricière et fertile est un bel objectif, un premier pas sur une trajectoire qui devrait viser à sécuriser notre autonomie alimentaire et à améliorer le bien-être des roubaisiens.
C’est aussi un beau défi eu égard aux enjeux de précarité sociale mais aussi aux contraintes liées à la densité urbaine et aux séquelles industrielles laissées à notre ville.
Une forte attention semble avoir été portée à la question de la pollution des sols, un travail essentiel dont on voit bien qu’il n’existe pas de solution miracle, mais un principe de précaution dont il faut positionner le curseur. La population n’a pas ce réflexe, ce qui ne se voit pas reste difficile à appréhender. Nous souhaitons que ce travail soit poursuivi plus largement, en termes de suivi des solutions retenues selon les pollutions constatées, de recherche de procédés innovants, et aussi en termes de sensibilisation de la population.
L’objectif concret de la stratégie ville nourricière vise à nourrir 10% de la population avec au moins 50% de production locale.
Au-delà, nous aimerions que vous envisagiez la proposition d’associer les familles disposant d’un jardin ou d’une cour pour les inclure à cette dynamique, afin de démultiplier l’autoconsommation par les familleset une meilleure qualification des jardiniers amateurs.
D’autres part, il serait intéressant d’avoir des objectifs plus précis qui soient ambitieux pour les cantines scolaires en production locale mais aussi plus globalement en bio.
L’étude mentionne de nombreux objectifs positifs attendus de ce travail, je voudrai en souligner un parmi d’autres qui consiste à augmenter la présence de nature et de végétal en ville.
La politique de récupération foncière pour des usages agricoles urbains doit être une priorité, tant l’amélioration des fonctions et des ambiances urbaines peut être améliorée. Le cas du délaissés urbains, situé à l’angle Lannoy St Hubert est un bel exemple que vous avez retenu mais il serait bien de prioriser les espaces liés aux ensembles HLM qui n’ont pas souvent de vocation bien définie et peu de qualité, et d’impliquer les bailleurs à cela.
Enfin je voudrai vous inciter à aller plus loin avec 2 propositions :
imaginer ce qui pourrait être fait au Parc des Sports de Roubaix, qui a complétement été déshabillé de sa belle végétation et pourrait retrouver sa qualité perdue avec des fruitiers et des cultures sur certains espaces
avoir l’ambition d’équiper de parties jardin et fruitiers toutes les écoles collèges lycées de Roubaix, les études conduites par la MEL sur les ilôts de chaleur en ville montrent que les cours d’école sont les lieux les plus inhospitaliers de toute la ville. On pourrait donc y mêler sensibilisation à l’alimentation et confort des enfants.
Enfin je souhaite souligner que cette stratégie de ville nourricière intégrée ne prendra vraiment son sens à terme que si on la replace dans une stratégie territoriale plus large. Produire en Ville est une étape essentielle, mais il faut réinscrire la ville dans ses liens avec le territoire agricole proche, inclure la couronne périurbaine pour développer des circuits courts d’approvisionnement. C’est ce qu’a fait par exemple la Ville de Grande-Synthe 20 000 hab qui réussit à offrir du 100% bio dans ses cantines scolaires. A ce titre, une dynamique de la métropole européenne de Lille doit être recherché pour avoir un impact significatif. Je ne vois d’ailleurs pas de demande de financement MEL dans les intentions de la délibération.
Aujourd’hui pour les grandes villes, le métabolisme alimentaire est absurde, on ne consomme en moyenne en France que 2% de production locale, pour l’aire urbaine de Lille, c’est 3,16%.
97% de notre production locale est exportée et nous importons 98% de ce que nous consommons. Ainsi pour parvenir dans notre assiette, un produit met entre 1500 et 3000 km. Le potentiel agricole des 100 premières grandes agglomérations est de pouvoir nourrir la population à 54%. Nos marges de progrès sont donc énormes, ce chantier a du sens pour contrer les déséquilibres écologiques de notre mode de vie et sécuriser l’approvisionnement alimentaire de nos Villes.
Nous vous encourageons Mr le Maire, Vice-Président de la MEL et du Conseil Régional, à user de votre influence pour cela.
Je voudrai dire à Mr Garcin sans esprit de polémique que le rapport annuel de développement durable indigent qui été présenté au Conseil de par la Loi en fin d’année, ne rend pas honneur au travail réalisé et c’est dommage. Nous attendons pour le suivant qu’il soit pris au sérieux pour donner une vision d’ensemble de ce que la Ville entreprend, c’est de votre intérêt comme de celui du porté à connaissance démocratique.
Nous allons voter avec plaisir cette délibération, vous pourrez compter sur appui pour ce beau chantier.

Myriam CAU

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Délibération 280 : cimetière

Je dois vous avouer que nous sommes un peu mal à l’aise avec cette délibération. Nous comprenons bien qu’il y a un impératif de bonne gestion et d’entretien, mais passer aux enchères sur le Web des chapelles funéraires qui ont abrité des défunts, comme on se dessaisit d’un véhicule c’est bizarre.
Il y a une dimension spirituelle à la mort par-delà toutes les cultures et religions qu’il est délicat de mettre aux enchères. Pour autant, nous ne voulons pas nous y opposer mais nous préférerons nous abstenir.

Par contre je voudrai revenir sur ce qui a suscité des réactions d’incompréhension et l’action de citoyens quant à la présence d’herbes sauvages dans le cimetière, laissant croire à un défaut d’entretien. Il n’est pas dans mon propos de juger les causes qui ont amené à cette situation.
Pour parer au plus pressé, la ville a décidé de revenir à l’emploi de produits phytosanitaires, temporairement avez-vous dit.
Je souhaite vous interpeller sur ce point, il y a d’autres solutions que de mettre du poison dans le sol à travers des herbicides, et de nombreuses autres villes dont Lille n’y ont pas recours dans leur cimetière tout en conservant une allure tout à fait satisfaisante pour les usagers.
Il y a des efforts faits sur Roubaix pour la biodiversité, des jardins écologiques, de nombreuses ruches… c’est le sens de la vie. Les herbicides empoisonnent le sol et quand ils sont lessivés ils empoisonnent notre eau. On les retrouve partout y compris dans la structure de nos cheveux. Pour les morts à part le respect, on ne peut plus grand chose mais pour le vivant on doit bien agir.
Merci donc de bien vouloir rendre les allées du cimetière 100% naturelles, d’y laisser pousser la végétation y compris sur les stabilisé en tondant très régulièrement pour créer un gazon végétal naturel. Elles garderont leur usage avec une transformation à moindre frais ? pour les coins inaccessibles, la petite débroussailleuse à fil et chaque fois que possible des plantes couvre-sols, des broyats d’écorce et pour les bas de murs le fleurissement d’espèces adaptées. Notre cimetière sans paraître à l’abandon peut devenir une zone verte paisible et propice au recueillement. L’ensemble du cimetière peut contribuer à la qualité écologique de la ville, en être un poumon respiratoire.
C’est un renoncement de revenir aux produits dont on connait les méfaits cancérigènes malgré l’intense campagne de désinformation scientifique conduite

Myriam CAU

Délibération 311 : LOGEMENTS INDECENTS

Cette délibération vise à améliorer et élargir les contrôles de décence du logement menés pour le compte de la CAF.
Une démarche ancienne, essentielle et que vous avez raison de poursuivre
Je voudrai appeler la municipalité, à élargir l’appréciation de la décence à l’environnement immédiat et la gestion urbaine de l’habitat.
Les conditions extérieures doivent être prises en cause dans l’indécence et sont mentionnées dans la grille d’évaluation de la CAF : présence de déchets, défauts d’entretien des plantations, évacuations, présence de nuisibles et de rongeurs.
Je ne veux pas entrer dans les détails de cette terrible histoire arrivée à une jeune fille attaquée par les rats, c’est une victime elle doit être pleinement respectée, mais il faut en tirer les conséquences.
On ne peut pas se contenter de l’examen de la décence des logements loués pour le compte de la CAF, une vigilance doit s’exercer plus largement au niveau des ilots urbains.
Je ne cherche pas à accuser le trait, tout le monde a conscience de la difficulté à tenir propre une ville comme Roubaix mais là il y a vraiment un seuil d’alerte qu’il faut à nouveau entendre. Un logement ne peut être décent si son environnement ne l’est pas.
Il y a des choses qui ne vont pas :
Des lieux sont jonchés de détritus et de dépôts sauvages de façon récurrente, le coin devant la Condition Publique avec ses conteneurs est dans un état épouvantable
On accepte un niveau de saleté dans certains lieux que l’on ne laisserait pas dans d’autres
La présence des rats revient dans de nombreux témoignages, il faut comprendre ce qui se passe et agir
Le signalement atteint ses limites : on n’a pas de retour de l’application vivacité on ne sait pas où cela arrive et ce qui est fait, parfois il semble que cela marche d’autres fois non
Il faut des équipements adaptés, fonctionnels, pour un environnement réellement sain et parfois ce n’est pas le cas concernant certaines fractions du parc ancien, il faut trouver des solutions avec les habitants pour que cela marche.
On ne peut se passer d’une gestion humaine de proximité, que ce soit les bailleurs sociaux ou privés, la ville : il faut des humains face aux humains. Les coordinateurs propreté et les ambassadeurs font certainement un travail important, mais sont difficile à repérer et à contacter. Quand les gens sont perdus, ils démissionnent, le fatalisme et la grogne s’installent.

On a besoin de réanimer à nouveau cette politique. On ne peut se passer d’une gestion urbaine de proximité (coordination des acteurs associé à la participation des habitants).

Il faut retrouver ce goût du dialogue productif, accepter d’entendre les réclamations, ne pas laisser s’installer un climat de suspicion, et instituer un cadre collectif d’action où les uns et les autres sont en bonne coordination et complémentarité.
Comme vous je l’imagine Mr le Maire, Mme Ala j’ai lu la lettre ouverte des associations qui appellent à se mobiliser pour un cadre de vie décente et une ville plus solidaire.
Il faut entendre et travailler avec tous, unir la maitrise d’usage des habitants et associations et la capacité d’agir de la Ville est une obligation pour réussir. Les habitants veulent être considérés, ils sont une partie de la solution.
Et il faut faire attention à l’excès de politique de communication autour du zéro déchet, il y a à un moment une dissonance cognitive entre l’image renvoyée et vantée, et la réalité vécue. Les gens ne font pas dans le détail. Alors faisons un effort pour que la politique zéro déchet de la ville soit crédible par l’exemple donné de la propreté.
Je ne dis pas que c’est simple, mais on est sur des besoins basiques il faut réussir.
Nous votons cette délibération, nous appelons à ce que chacun se mobilise pour des quartiers décents et un dialogue de qualité des acteurs entre eux.

Myriam CAU

Sur proposition du groupe « Ensemble le pouvoir d’agir », le Conseil Municipal de Roubaix a adopté le 5 octobre un voeu de soutien à Salah HAMOURI

Monsieur Salah HAMOURI, avocat franco palestinien résidant à Jérusalem Est, a été arrêté le 23 août 2017 par les autorités israéliennes.
Un juge a décidé le 5 septembre qu’il devait purger un reliquat de 3 mois de prison alors qu’il avait été libéré en 2011 selon un accord acté avec la diplomatie française.
Le 18 septembre, il a de plus été placé en rétention administrative pour 6 mois, sanction renouvelable sans limite, alors qu’aucune charge ne pèse sur lui et qu’il n’a droit à aucun procès.
Considérant que les normes du droit international relatives aux droits de gens, et en particulier celui à une défense équitable, ne sont pas respectées, le conseil municipal de Roubaix appelle le Président de la République et le Ministre des Affaires Etrangères à se saisir effectivement et publiquement de la défense de notre concitoyen comme ils l’ont fait pour d’autres.
Et donc à demander sa libération en exigeant le respect de l’accord de 2011 et la fin de la rétention administrative et en s’engageant pour que cesse le harcèlement arbitraire dont sont victimes nos concitoyens, Monsieur Salah HAMOURI, son épouse Madame Elsa LEFORT et leur enfant, ces derniers empêchés de le rejoindre à Jérusalem.

CONSEIL MUNICIPAL du 5 OCTOBRE : «ENSEMBLE LE POUVOIR D’AGIR» CONTRE LA REDUCTION MASSIVE DU NOMBRE DES EMPLOIS AIDES

Après l’annonce brutale par le gouvernement de la diminution des emplois aidés, la majorité de la municipalité roubaisienne a proposé une motion demandant de préserver ces emplois dans les quartiers prioritaires. 3 versions de ce texte nous ont été successivement proposées.
La modification la plus sensible a été d’introduire un paragraphe mettant en cause des décisions du dernier gouvernement Hollande.
Les groupes « Roubaix respecté » et « Nous c’est Roubaix » ont présenté l’amendement suivant :
« Pour ce qui la concerne, la ville prend l’engagement de maintenir en 2018 les subventions aux associations et clubs sportifs. Elle examinera la situation des associations en difficultés suite aux baisses déjà enregistrées ou au retrait sur les contrats de ville. »
Ils ont aussi demandé le retrait du paragraphe sur le gouvernement Hollande.
Nous avons voté l’amendement qui a été rejeté par la majorité. Elle a également refusé de retirer le paragraphe litigieux.
Nous avons quant à nous exprimé le regret que l’amendement n’ait pas été intégré et déclaré que l’ajout du paragraphe litigieux n’était pas raisonnable car il introduisait une polémique historique stérile en regard des enjeux du moment.
Nous avons néanmoins voté la motion, dans un esprit de responsabilité pour préserver les intérêts de Roubaix et des associations roubaisiennes.
Vous trouverez ci dessous le texte intégral de l’intervention de Christian CARLIER au nom du groupe :

La brutale annonce par le gouvernement de la réduction massive des emplois aidés et cela sans concertation et sans évaluation concertée de leurs effets a sidéré.
Vous nous proposez une motion que nous avons soigneusement étudiée.
Nous comprenons que elle cherche à limiter les dégâts à Roubaix, surtout pour les associations qui vont être durement touchées, en demandant de préserver ces emplois dans les quartiers prioritaires.
Il serait d’ailleurs utile de préciser qu’il s’agit des quartiers prioritaires de la Politique de la Ville car le gouvernement a déjà défini de façon limitative des territoires prioritaires : l’outre mer et les communes rurales.
Il ne faudrait cependant pas faire l’impasse sur la réfutation des justifications de ces décisionsnic, sur leurs incohérences apparentes, sur ce qu’elles vont entrainer.
Alors il y a le coût.
Mais toutes les études montrent que le coût par emploi des exonérations des cotisations sociales et du CICE est sans commune mesure avec le coût d’un emploi aidé et cela dans des proportions parfois extravagantes.
Il y a une prétendue inefficacité pour le retour à l’emploi.
Certes pas de miracle mais pourquoi s’attaquer alors aux contrat initiative emploi à destination du secteur marchand alors qu’ils ont justement le meilleur taux de retour à l’emploi ?
L’effet d’aubaine pour l’entreprise existe mais leur a t il échappé que passer par le sas CIE permet à des personnes d’accéder à l’emploi alors qu’ils ne l’auraient pas pu le faire en embauche directe ?
Il faut privilégier la formation.
Pourquoi opposer emploi aidé et formation alors qu’il est justement prouvé que le retour à l’emploi est meilleur quand les 2 sont associés ?
C’est toute la complexité de l’accès à l’emploi pour ceux qui en sont le plus éloignés qui est nié.
Il y a le reproche aux collectivités territoriales d’user d’une main d’œuvre à bon marche. Mais si les ressources de ces collectivités n’étaient pas systématiquement rognées, ne préféreraient elles pas les emplois statutaires ?
Subventions déguisées aux associations ? Mais pourquoi alors ne pas leur accorder des subventions franches et loyales si leur action est socialement utile ?
La brutalité de cette décision introduit la concurrence.
On se doute bien qu’entre les services de l’Etat, les collectivités locales, les associations, les grandes et les moins grandes, les capacités de lobbying ne sont pas les même.
Pour les associations, il est à craindre que l’arrêt brutal de la perfusion des emplois aidés soit une étape de plus dans la mise en place d’un nouveau modèle associatif où sous couvert de mécénat et de partenariat une bonne partie du secteur associatif passera sous contrôle du secteur économique.
Tout faire pour préserver Roubaix et ses associations est dans l’immédiat légitime.
Cela implique d’ailleurs que la municipalité n’aggrave pas le mal. C’est pourquoi nous voterons l’amendement présenté par les groupes « Roubaix respecté » et « Nous c’est Roubaix ».
Mais seule une annulation de ces décisions permettrait une analyse concertée des enjeux et des conséquences hors concurrence malsaine.