Lettre ouverte aux agriculteurs

À l’occasion des élections régionales des 6 et 13 décembre 2015, les militants Nord-Pas de Calais Picardie d’Europe écologie Les Verts, du Parti de Gauche-Front de Gauche, de Nouvelle Donne, de la Nouvelle Gauche Socialiste et de plusieurs collectifs de citoyens, ont décidé de se rassembler pour construire une alternative citoyenne, écologiste et solidaire pour notre région.

Notre projet est construit par et pour les habitants de la nouvelle grande région.

10 forums participatifs ont été organisés, et ont permis de recueillir plus de 850 propositions à partir desquelles nous avons élaboré notre programme.

Cette lettre ouverte que nous vous adressons aujourd’hui nous donne l’occasion de détailler les propositions de notre programme en terme d’agriculture.

L’agriculture a une place à part dans notre développement économique : elle façonne les paysages et définit nos habitudes culturelles et alimentaires. Les modes de production ont des impacts conséquents sur nos modes de vie, notre environnement, notre santé, nos territoires.

Nous sommes, au Rassemblement, attaché à la défense de l’agriculture et des agriculteurs : une agriculture nourricière, une agriculture respectueuse de l’homme, de l’animal et de son environnement.

Notre nouvelle région est une des premières régions agricoles françaises, mais notre agriculture est aussi parmi les plus industrialisées. Nous voulons promouvoir partout sur le territoire une agriculture diversifiée, une agriculture locale, une agriculture pour nourrir l’humain, pas une agriculture de l’export. Les citoyens veulent retrouver un lien à l’alimentation, jusque-là érodé par les modes de production industriels.

Les crises successives, du blé, de l’élevage porcin, de la filière laitière, doivent poser questions. Le modèle agricole imposé durant la seconde moitié du XXème siècle s’enraye. Ce n’est pas en défiscalisant, en produisant toujours plus à des prix toujours plus bas des produits d’une qualité toujours plus médiocre, que nous règlerons les problèmes que connaissent les agriculteurs aujourd’hui.

Les mutations de l’agriculture et de l’agro-alimentaire auxquels nous assistons, nous imposent de reconsidérer nos modes de production et de consommation. Nous voulons accompagner l’évolution de l’ensemble de notre système alimentaire vers plus de durabilité, de maîtrise et d’emplois au bénéfice des agriculteurs, entrepreneurs et habitants de notre région. En ce sens, nous nous opposons fermement au développement d’une industrie agricole délétère et à la multiplication des projets absurdes tels que les fermes-usines qui sont des lieux de souffrances extrêmes, pour les animaux comme pour les hommes.

Repenser notre modèle agricole, c’est relocaliser nos systèmes alimentaires, par le renforcement des capacités des entreprises régionales à s’approvisionner, transformer localement, et construire des filières plus équitables, permettant ainsi la création de valeur ajoutée dans nos territoires. Et ce n’est pas un doux rêve. Une étude de la New Economic Foundation (think tank anglais) montre que deux fois plus d’argent est injecté dans le territoire lorsque les systèmes alimentaires sont localisés que dans les circuits classiques.

Nous soutiendrons les projets de circuits alimentaires de proximité associant le plus grand nombre d’acteurs. Nous étendrons l’expérimentation des Caap Agglo (Contrats d’Agriculture et d’Alimentation Périurbaines) menée avec les agglomérations en Nord-Pas de Calais.

En matière d’agriculture biologique, nous poursuivrons les dynamiques lancées pour une meilleure structuration des filières, en s’appuyant sur les acteurs économiques pour faire progresser les surfaces et passer de 1% aujourd’hui à 10% de notre SAU en bio d’ici la fin du mandat. Le Bio c’est 2 fois plus d’emplois que le conventionnel. Il est impératif dans notre région, où le taux de chômage est le plus élevé de France, de le développer !

Nous mobiliserons également les marchés publics régionaux pour faire effet leviers sur la demande (avec la restauration collective en lycées notamment). Nous accompagnerons également les agriculteurs techniquement et humainement, en faisant se rencontrer les porteurs de projets et les personnes ressources.

Un nouvel équilibre entre filières longues et courtes doit se construire. Il permettra de renforcer le secteur agro-alimentaire dans sa diversifié et sa compétitivité. Nous accompagnerons les entreprises de l’agro-alimentaire dans leur évolution vers davantage de durabilité, d’emplois locaux et d’autonomie, pour une relocalisation du système alimentaire.

Le renouvellement des générations en agriculture et l’accès au métier sont des enjeux cruciaux pour notre région. C’est pourquoi nous continuerons à faire de l’installation agricole l’une de nos priorités. Forts des résultats du Programme Régional à la Création Transmission en Agriculture (PRCTA), initié depuis 2010 en Nord-Pas de Calais, nous déploierons et amplifierons ce programme à l’ensemble de la nouvelle grande région.

Au niveau européen, la Politique Agricole Commune doit encore progresser vers une plus juste et plus équitable répartition des aides. Le verdissement doit être renforcé, pour répondre davantage aux enjeux actuels. Les services environnementaux rendus par les surfaces en herbe doivent par exemple être davantage valorisées. Un rééquilibrage des aides en faveur des prairies doit être impulsé.

Il est également urgent de reconsidérer au niveau européen les petites fermes qui doivent bénéficier d’un réel statut et d’une meilleure reconnaissance.

En matière environnementale, nous consacrerons nos efforts à impulser et accompagner le changement de pratiques vers des pratiques durables, respectueuses de l’environnement. Nous nous opposerons résolument à l’utilisation déraisonnés de pesticides qui tuent à petit feu les populations et notre environnement. Nous ne cèderons aucunement aux lobbies agrochimiques quand certains candidats veulent rétablir l’épandage aérien: un véritable désastre écologique.

Nous déploierons le Plan agro-environnemental à l’échelle de la nouvelle région, en nous appuyant sur des mesures agro-environnementales, sur l’agro-foresterie, sur toutes les techniques issues de l’agro-écologie et sur les expérimentations collectives comme les GIEE.

Nous soutiendrons les organismes de recherche-développement pour démultiplier les expérimentations en la matière, diffuser et vulgariser les nouvelles techniques, et accompagner les agriculteurs dans le changement de pratiques via des démonstrations, des formations …

La diversification des exploitations agricoles sera au cœur de notre politique agricole. Elle constitue l’une des voies d’accroissement de la valeur ajoutée dans les fermes et du revenu des agriculteurs. Elle est également facteur de lien social et de coopération notamment via les projets collectifs auxquels nous serons très attentifs.

Nous soutiendrons la diversification à travers le financement de projets (paniers, points de vente à la ferme, magasins collectifs, marchés fermiers, AMAP, accueil pédagogiques, services …) et d’outils de transformation et de distribution qui valorisent les productions agricoles régionales (abattoir multi espèces, conserverie, légumerie, ateliers de découpe, fromagerie …) et les circuits alimentaires de proximité.

Nous apporterons notre soutien aux associations et structures qui accompagnent les porteurs de projets dans ces domaines. Enfin, nous accompagnerons les territoires qui portent des projets de relocalisation des systèmes alimentaires, synonymes de diversification.

La lutte contre la périurbanisation constitue un enjeu majeur dans notre région, très artificialisée. Grâce à notre action en Nord-Pas de Calais nous avons réussi à infléchir la tendance lourde à la consommation de terres agricoles au profit d’une densification urbaine observée ces dernières décennies. Nous poursuivrons sur cette voie en privilégiant le maintien des terres agricoles en particulier en zones urbaines et périurbaines. Nous soutiendrons une urbanisation économe et raisonnée. Notre politique foncière s’attachera à répondre à la problématique de l’indépendance alimentaire, pour nourrir localement les villes, demain.

Nous soutiendrons et encouragerons finalement les groupements de producteurs, les PME et les territoires dans leurs démarches de développement de signes officiel de qualité. Les marques régionales seront incitées à s’engager dans des démarches de progrès vers une plus grande proximité des filières et le recours à un approvisionnement régional des entreprises, vers les systèmes qualité, dans la voie de l’efficacité énergétique.

Tous ces engagements accompagneront une mutation des pratiques agricoles que nous construirons avec les agriculteurs et les instances agricoles (syndicats, interprofessions, chambres d’agriculture, associations), pour faire de l’agriculture une solution, un facteur de bien être pour les agriculteurs, les consommateurs et les riverains.

Sandrine Rousseau
Candidate du Rassemblement “Choisir une région citoyenne, écologique et solidaire”

 

Lettre ouverte aux Maires du Nord Pas-de-Calais Picardie

Madame, Monsieur le Maire

A l’aube de la fusion effective du Nord Pas-de-Calais et de la Picardie, le Rassemblement « Choisir une région citoyenne, écologique et solidaire » soutenue par EELV, le Parti de Gauche, Nouvelle Donne, la Nouvelle Gauche Socialiste, des collectif citoyens, et conduit par Sandrine Rousseau, tient à s’adresser à vous en votre responsabilité de Maire.

La future grande Région, pour réussir, devra s’appuyer sur les territoires et leurs forces vives. Elle devra être aux côtés de ceux qui portent au quotidien les attentes et difficultés des populations. Cette relation de proximité des Maires fait l’immense force de nos territoires français, nous le savons.

Il ne peut être question que la création de la nouvelle grande région soit synonyme d’éloignement de l’action du Conseil Régional des bassins de vie des 5 départements du Nord, du Pas-de-Calais, de la Somme, de l’Aisne et de l’Oise.

Si nous sommes élus, nous veillerons à assurer un fonctionnement du Conseil Régional au plus près des territoires, nous ne l’inventerons pas tout seuls nous l’imaginerons avec vous pour correspondre au mieux aux besoins des populations.

Plus concrètement, nous allons promouvoir un maillage de solutions de mobilités durables qui permettent d’améliorer la desserte de tous les territoires. Parmi ces solutions figurera bien sûr la revalorisation de toutes les dessertes ferroviaires et le renforcement des intercités, dont nous sommes prêts à prendre en charge directement la compétence pour pallier l’insuffisance du service assuré jusque lors.

Nous voulons aussi valoriser l’accès de tous aux services publics, quel que soit le territoire, la ville, le quartier. Pour cela nous aiderons les territoires qui souhaitent mettre en place de véritables maisons de services publics, lieux d’animation et de ressources (administrations, services sociaux, santé, télétravail, cybercentre, pôle de mobilité…). Ce peut être une opportunité pour revaloriser un centre bourg, une gare ou pour désenclaver un quartier périphérique.

Comme vous le savez, la Loi NOTRe a redéfini le périmètre de compétence des futures régions. Sans entrer dans le détail, je souhaite insister sur le rôle réaffirmé et renforcé des Régions en matière d’Aménagement Durable du Territoire.

Déjà les 2 anciennes Régions avaient chacune élaboré leur SRADDT (Schéma Régional d’Aménagement et de Développement du Territoire), cadre stratégique qui doit inspirer les différents SCOT pour favoriser les cohérences des territoires entre eux à une plus large échelle.

Parmi toutes les régions de France, et de façon exemplaire, le Nord Pas-de-Calais comme la Picardie ont chacune travaillé avec le même processus innovant de DRA (Directives Régionales d’Aménagement), de façon à porter des enjeux jugés comme déterminants à la bonne échelle : celle de la coopération entre territoires d’intercommunalité, en lien avec les départements. C’est une chance.

Les enjeux stratégiques que chacune des régions a retenu, sont différents mais parfaitement complémentaires. Nous allons ainsi pouvoir dans la région fusionnée bénéficier des apports spécifiques de chacun pour un enrichissement augmenté.

  • Ainsi la Picardie a développé ses orientations à travers les DRA : renforcement des « pôles-gares », valorisation des « fonds de Vallées » et promotion des « Nouvelles campagnes »,
  • Le Nord Pas-de-Calais a co-construit, avec les territoires, des DRA sur la « lutte contre l’étalement urbain » pour préserver le foncier agricole et la « trame verte et bleue » pour reconstituer des écosystèmes efficaces. Le Nord Pas-Calais, en 2014 et 2015, a entamé un travail d’élaboration de 2 nouvelles DRA l’une sur « les mobilités » et l’autre sur « l’Egalité des Territoires ».

C’est sur cette dernière que je souhaiterais attirer votre attention : l’Égalité des Territoires n’est pas un vain mot, elle prend la forme concrète d’engagements permettant à chaque habitant d’avoir accès aux mêmes services, partout.

La Loi NOTRe demande aux nouvelles grandes Régions d’élaborer dans les 18 mois le SRADDET (Schéma Régional d’Aménagement et de Développement Durable et d’Égalité des Territoires) qui remplacera les 2 actuels SRADDT. Ce nouveau schéma présente un véritable intérêt puisqu’il nous permettra de nous engager rapidement avec des cadres d’action concrets pour un aménagement équilibré du territoire, de nouvelles relations ville-campagne, et une vigilance quant aux déséquilibres liés à la métropolisation. Ce SRADDET aura par ailleurs un pouvoir prescriptif que n’avait pas le SRADDT.

C’est pourquoi nous voulons vous dire, Madame, Monsieur le Maire, que dès aujourd’hui nous sommes prêts : nous voulons l’égalité des territoires, une accessibilité de tous aux services, et des moyens pour les villes et les intercommunalités de renforcer leur propre ingénierie territoriale, car sans ressources pas de moyen de prendre en main son destin et d’élaborer ses propres projets.

Nous avons donc la volonté de compenser les inégalités actuelles (de richesse, d’accessibilité, de potentiel fiscal, d’ingénierie locale) pour promouvoir un aménagement équilibré de notre future région.

Nous voulons construire ensemble, pas de façon pyramidale, en imposant par le haut, mais avec vous, en nous basant sur votre connaissance des réalités du terrain et les attentes des citoyens.

Au nom du Rassemblement pour une Région citoyenne, écologique et solidaire, je me tiens à votre disposition Madame, Monsieur le Maire, pour construire avec vous une région prospère, une région d’équilibre.

Sandrine Rousseau
Candidate du Rassemblement “Choisir une région citoyenne, écologique et solidaire”

Lettre ouverte aux syndicats de fonctionnaires territoriaux de la grande région Nord Pas de Calais Picardie

À l’occasion des élections régionales des 6 et 13 décembre 2015, les militants Nord-Pas de Calais Picardie d’Europe écologie Les Verts, du Parti de Gauche-Front de Gauche, de Nouvelle Donne, de la Nouvelle Gauche Socialiste et de plusieurs collectifs de citoyens, ont décidé de se rassembler pour construire une alternative citoyenne, écologiste et solidaire pour notre région.

Notre projet est construit par et pour les habitants de la nouvelle grande région.

10 forums participatifs ont été organisés, et ont permis de recueillir plus de 850 propositions à partir desquelles nous avons élaboré notre programme.

Cette lettre ouverte que nous vous adressons aujourd’hui nous donne l’occasion de détailler les propositions de notre programme.

Le Rassemblement pour une région citoyenne, écologique et solidaire prend l’initiative de s’adresser aux syndicats de fonctionnaires territoriaux de la grande région Nord Pas de Calais pour présenter notre démarche et notre projet politique.

Face à une extrême droite menaçante et à des partis politiques en panne d’imagination, nous pensons que nous devons prendre un chemin tourné vers la transformation de notre modèle de société.

En conséquence, le Rassemblement pour une région citoyenne, écologique et solidaire défend un programme politique, basé sur 4 principaux axes :

1) Des emplois de qualité, durables et non délocalisables.

Nous proposons :

– d’investir dans les énergies renouvelables, la rénovation thermique des bâtiments pour créer plus de 30 000 emplois d’ici 2030, de favoriser l’agriculture biologique et locale,

– de soutenir les salariés qui reprennent leur entreprise en coopérative,

– d’accompagner les entreprises qui souhaitent réduire le temps de travail sans perte de salaire,

– de conditionner les aides aux artisans et PME au respect de critères environnementaux et sociaux : écarts de salaires limités de 1 à 20, lutte contre le travail précaire, soutien au covoiturage.

2) Une région qui fabrique de l’égalité.

Nous proposons :

– de développer des trains accessibles partout et gratuits pour les jeunes,

– de renforcer l’accès aux services publics par la création de pôles multi – services (artisanat, petit commerce, AMAP, conciergerie, services publics).dans les gares et les bureaux de poste et par la lutte contre la désertification médicale (maisons de santé),

– de créer un Agenda 22 Accessibilité Handicap commun à toutes les politiques régionales, en priorité pour les transports et les lycées,

– de conditionner les aides à l’investissement aux communes respectant la loi SRU (logements sociaux).

3) Santé, Environnement, Nature, restaurer les grands équilibres naturels

Nous proposons :

– de développer les actions en matière de santé environnementale : améliorer de la qualité de l’air, accompagner une forte réduction de l’usage des pesticides,…

– de lutter contre le dérèglement climatique : développer la nature en ville, rénover les watringues,…

– de préserver la nature et respecter l’animal : reforestation, réserves naturelles régionales, réintroduction d’espèces, refuser les fermes-usines.

4) Faire société

Nous proposons :

– de défendre ce qui nous rassemble : éducation populaire, culture, vie associative, sport amateur,

– de s’ouvrir aux autres : lutte contre les discriminations, égalité femmes-hommes, coopération internationale.

– de rendre le pouvoir aux citoyens : non cumul des mandats, droit d’interpellation, transparence fi nancière, référendums, budget participatif.

En outre, le Rassemblement pour une région citoyenne, écologique et solidaire accorde une attention particulière à la fusion actuellement en cours entre les Régions Nord Pas de Calais et Picardie.

Cette fusion s’effectue sans moyens alors qu’elle comporte des coûts immédiats important pour la nouvelle Région. Nous exigerons donc de l’État une enveloppe exceptionnelle pour l’accompagnement de la fusion de nos deux régions.

S’agissant des personnels, nous veillerons à ce que les organisations syndicales soient  associées à la réorganisation des services découlant de la fusion et à ce que cette réorganisation garantisse l’accès aux services publics régionaux partout sur le territoire.

Nous nous engageons également à faire converger les régimes indemnitaires et avantages sociaux des deux régions sur la durèe du mandat au mieux-disant, pour l’ensemble des personnels, dont les TOS.

Enfin, nous lancerons une étude d’impact en début de mandat afin d’évaluer les besoins du grand territoire régional. Une répartition des crédits sur la base de cette étude permettra de lutter contre l’hyper-métropolisation et d’assurer un rééquilibrage sur le territoire

Militants d’Europe Ecologie Les Verts, du Parti de Gauche – Front de Gauche, de Nouvelle Donne et de la Nouvelle Gauche Socialiste, nous avons fait le choix de nous rassembler pour construire une alternative citoyenne, écologiste et solidaire pour notre région. Nous souhaitons que l’élection régionale de décembre soit l’occasion d’un sursaut pour faire à nouveau de notre région une terre d’innovation et de progrès social.

Sandrine Rousseau
Candidate du Rassemblement “Choisir une région citoyenne, écologique et solidaire”

Lettre ouverte aux étudiants et à leurs familles

À l’occasion des élections régionales des 6 et 13 décembre 2015, les militants Nord-Pas de Calais Picardie d’Europe écologie Les Verts, du Parti de Gauche-Front de Gauche, de Nouvelle Donne, de la Nouvelle Gauche Socialiste et de plusieurs collectifs de citoyens, ont décidé de se rassembler pour construire une alternative citoyenne, écologiste et solidaire pour notre région.

Notre projet est construit par et pour les habitants de la nouvelle grande région.

10 forums participatifs ont été organisés, et ont permis de recueillir plus de 850 propositions à partir desquelles nous avons élaboré notre programme.

Cette lettre ouverte que nous vous adressons aujourd’hui nous donne l’occasion de détailler les propositions de notre programme.

La région Nord-Pas de Calais Picardie est une grande région étudiante, comptant plus de 209 000 personnes inscrites dans 39 établissements d’enseignement supérieur (8 universités publiques, 30 grandes écoles, 1 institut catholique). Nos Universités ont réussi à relever le défi de la démocratisation de l’enseignement supérieur, doublant en 20 ans le nombre d’étudiants accueillis, avec des moyens quasiment constants. L’offre de formation supérieure y est dense et diversifiée, ouvrant à un large éventail de métiers et de débouchés professionnels.

C’est aussi un des territoires français comptant le plus de boursiers sur critères sociaux (près de 67 000, soit quasiment un étudiant sur trois)… et le moins de logements en résidences CROUS (14 000 places).

Face à ces constats, les enjeux de qualification, de formation, mais surtout d’émancipation et d’autonomisation des jeunes sont ici encore plus lourds qu’ailleurs.

On le sait, les conditions de vie influencent de manière considérable la réussite dans les études. Un étudiant qui devra passer plus de 45 minutes de trajet matin et soir entre son domicile et son lieu d’études aura bien moins de temps à consacrer à ses études et à d’autres activités qu’un étudiant logé à proximité du site de formation. Dans un autre registre, un étudiant qui ira régulièrement au concert, au spectacle, voir une exposition ou un film disposera de ressources culturelles indispensables à sa réflexion et à la consolidation de ses connaissances.

On sait également que le risque de chômage diminue au fur et à mesure de l’élévation du niveau de diplôme. Dans une région où le taux de demandeurs d’emploi est un des plus élevés, il est essentiel d’accompagner la réussite des jeunes dans leurs études, et de faciliter pour tous l’accès aux études supérieures.

Si la Région n’a pas compétence à intervenir directement dans les cursus et l’organisation des études, elle peut et doit intervenir dans ce qui conditionne la vie et la réussite étudiante.

Notre programme dans ce domaine s’articule autour de 3 principales finalités.

  • Encourager et favoriser l’autonomie des étudiants, leur émancipation.

Nous voulons faciliter la « décohabitation » en développant l’offre de logements étudiants, partout sur le territoire Nord-Pas de Calais Picardie. L’enjeu est bien sûr que les jeunes s’autonomisent progressivement et puissent choisir leur cursus non plus en fonction des études proposées à proximité du domicile familial, mais bien en fonction de leurs aspirations et de leur projet professionnel. Pour ce faire, nous soutiendrons la construction de 10 000 nouveaux logements sociaux étudiants d’ici 2021 et nous aiderons le CROUS à accélérer la réhabilitation des anciennes résidences. Nous apporterons notre soutien aux projets innovants en matière de logement étudiant, fondés notamment sur la mixité des publics, sur la vie sociale à l’intérieur des résidences, sur des tiers lieux et autres initiatives pour une meilleure alimentation au quotidien.

Nous mettrons en place un cadre de discussion, en vue d’établir un schéma régional du logement étudiant (avec objectifs chiffrés à court et moyen terme), impliquant étroitement les collectivités concernées, les étudiants, le CROUS, les bailleurs sociaux, les universités.

Pour lutter contre la précarité économique, nous poursuivrons et amplifierons les contrats étudiants financés depuis 2013. L’objectif de ces contrats est de permettre aux étudiants d’exercer un « petit boulot » sur le campus, quelques heures par semaine, sans que cela ne mette en péril la poursuite de leurs études. L’expérimentation menée depuis deux ans en Nord-Pas de Calais a rencontré un succès immédiat et permis d’établir environ 700 contrats par an. Pour le jeune, cet apport de revenu facilite le bouclage de la fin de mois, tout en exerçant une activité rémunératrice en lien avec ses études ; pour l’université, cela permet d’améliorer les services rendus et la qualité de vie sur les campus.  Nous développerons ce dispositif à l’échelle de l’ensemble de la grande région, en multipliant par 5 les moyens donnés aux Universités pour recruter et rémunérer les étudiants.

Nous créerons le parcours sécurisé de l’étudiant, sur les fonctions essentielles de logement, d’alimentation, de santé, d’insertion professionnelle, de culture et d’activités sportives. Les démarches seront facilités et l’information accrue, afin d’aider les étudiants – en priorité les plus modestes – à y accéder. En matière de santé et de prévention, notre volonté est que davantage de moyens soient donnés aux SUMPPS (Service Universitaire de Médecine Préventive et de Promotion de la Santé), pour qu’ils puissent développer leurs actions sur l’ensemble du territoire régional. Nous soutiendrons l’implantation de centres de santé et la mutualisation des moyens entre établissements, afin de faciliter l’accès de tous les étudiants à la médecine spécialisée.

  • Développer une politique d’égalité dans la réussite

L’enseignement supérieur s’est démocratisé, et permet aujourd’hui à de nombreux jeunes d’accéder à l’université ou à une grande école. Mais le décrochage dans les premières années reste important et la réussite n’est pas toujours au rendez-vous, loin de là. Ils sont encore trop peu nombreux les jeunes issus des classes moyennes ou modestes à accéder à un master ou à un diplôme équivalent. Au-delà de l’égalité des chances, il faut développer l’égalité dans la réussite.

Pour lutter contre le décrochage à l’université, nous développerons les dispositifs d’accompagnement des premières années d’étude (tutorat, soutien méthodologique, orientation …), et encouragerons les établissements à développer des passerelles entre les cursus et à faciliter les réorientations éventuelles. Le PRREL – Programme régional de réussite en études longues, sera renforcé, pour l’ouvrir à davantage d’étudiants. Dans ce cadre, des moyens accrus seront consacrés au développement du Diplôme Universitaire (DU) à l’issue de l’année 0. Cette année de transition entre le lycée et l’université  permet à des jeunes bacheliers des filières technologiques ou professionnelles de remettre à niveau leurs connaissances et de préciser leur projet d’orientation.

L’information des lycéens et de leurs familles sera développée, bien avant les procédures d’inscription, afin de mieux éclairer les choix d’orientation, via par exemple l’organisation de  rencontres avec des étudiants ou la « labellisation » des salons de l’étudiant.

Les déterminants sociaux conditionnent encore trop souvent les choix d’orientation et d’étude. Pour lutter contre ce phénomène, nous développerons le soutien aux initiatives menées dans les lycées afin d’identifier et d’accompagner les jeunes qui en ont le potentiel vers les études supérieures ou la préparation des concours de grandes écoles.

Nous continuerons à promouvoir l’ouverture internationale, en favorisant les séjours à l’étranger, dans le cadre des études ou d’un stage, en facilitant la pratique des langues étrangères, en permettant des séjours courts en début de cursus, puis des séjours plus longs en L3 ou en Master. A cette fin, nous doublerons le nombre de bourses de mobilité (Bourses Blériot pour les étudiants, mobilité des doctorants, des jeunes chercheurs …), pour les porter à 4 000 par an.

  • Promouvoir des campus à la pointe de la transition énergétique et écologique

Lieux d’études, de travail et de vie, les campus réunissent plusieurs milliers de personnes chaque jour, qui se déplacent, se restaurent, se logent, suivent des cours, mènent des recherches, font fonctionner l’université, etc.  Les campus du Nord-pas de Calais Picardie, ce sont des centaines de bâtiments, des milliers de kilomètres de réseaux, des dizaines de milliers de personnes … Un terreau extraordinaire pour imaginer la ville de demain, former les futurs experts, expérimenter grandeur nature les innovations issues des laboratoires de recherche. C’est une répartition territoriale que nous souhaiterions maintenir.

Dans le cadre de la Troisième révolution industrielle, nous accompagnerons activement la démarche Universités Zéro carbone, portée par la communauté universitaire, en soutenant la mise en œuvre des projets d’éco-rénovation des bâtiments, de mobilité, d’énergie renouvelable, de réseaux intelligents, de gestion des espaces verts, d’innovations pédagogiques, etc.

La feuille de route de la démarche compte déjà plus de 50 projets, qui nécessitent d’être accompagnés, dans leur formulation, dans leur montage, dans la recherche des financements. Nous développerons cette mission pour l’étendre aux établissements de Picardie et leur permettre d’intégrer eux aussi cette ambition.

Nous veillerons particulièrement à ce que les étudiants et les personnels soient pleinement associés à cette dynamique, en ouvrant des appels à projets spécifiques et en les incitant à s’y impliquer.

La politique régionale en matière d’enseignement supérieur n’a pas seulement pour but de répondre aux besoins socio-économiques ou au rayonnement de notre territoire. Sa vocation première doit d’abord être de faciliter l’émancipation et la formation du citoyen, d’accompagner les jeunes ainsi que les adultes dans leur parcours, en ouvrant des perspectives d’avenir et d’épanouissement.

Persuadée que vous partagez pleinement cette ambition, je suis à votre disposition, ainsi que l’ensemble des candidats du Rassemblement pour en discuter avec vous et approfondir nos échanges.

Sandrine Rousseau
Candidate du Rassemblement “Choisir une région citoyenne, écologique et solidaire”

Lettre ouverte aux acteurs du monde artistique et culturel

Dans le cadre de la préparation des élections régionales, vous avez fait un travail important de diagnostic et de propositions sous la forme d’un livre blanc présenté à Amiens le 28 septembre dernier.

Notre candidate, tête de liste, Sandrine Rousseau était présente à cette manifestation et a été très impressionnée par le travail réalisé et l’implication comme l’engagement des acteurs du monde artistique et culturel de notre nouvelle région Nord Pas de Calais – Picardie.

Des propositions ont été faites ce jour-là, d’autres seront dans le document de communication du programme mais nous souhaitions détailler pour vous le projet de notre rassemblement en matière de travail artistique et culturel dans notre région.
Nous souhaitons ainsi répondre aux questions légitimes posées dans le livre blanc, et développer la cohérence de nos propositions dans le cadre du projet pour une région Citoyenne, Écologique et Solidaire que nous portons dans cette élection.
En préambule, il nous apparaît important de citer la déclaration de l’Unesco sur les droits culturels qui doit nous inspirer

« La culture prend des formes diverses à travers le temps et l’espace. Cette diversité s’incarne dans l’originalité et la pluralité des identités qui caractérisent les groupes et les sociétés composant l’humanité. Source d’échanges, d’innovation et de créativité, la diversité culturelle est, pour le genre humain, aussi nécessaire que l’est la biodiversité dans l’ordre du vivant. En ce sens, elle constitue le patrimoine commun de l’humanité et elle doit être reconnue et affirmée au bénéfice des générations présentes et des générations futures.
Dans nos sociétés de plus en plus diversifiées, il est indispensable d’assurer une interaction harmonieuse et un vouloir vivre ensemble de personnes et de groupes aux identités culturelles à la fois plurielles, variées et dynamiques. Des politiques favorisant l’intégration et la participation de tous les citoyens sont garantes de la cohésion sociale, de la vitalité de la société civile et de la paix. Ainsi défini, le pluralisme culturel constitue la réponse politique au fait de la diversité culturelle. Indissociable d’un cadre démocratique, le pluralisme culturel est propice aux échanges culturels et à l’épanouissement des capacités créatrices qui nourrissent la vie publique. »

En référence à cette déclaration de l’Unesco sur les droits culturels, nous affirmons donc que ce travail artistique et culturel, fait humanité et, qu’à ce titre, il participe au développement social, humain, économique et territorial. L’art et la culture ne sont pas des « outils » de l’attractivité économique, ils sont des biens communs au service de l’intérêt général. Nous reprenons en ce sens ce que vous dites dans votre livre blanc « Les artistes et les acteurs culturels sont attachés aux principes de liberté et de diversité de création, à l’égalité d’accès à la culture et à l’égalité des territoires. Une politique ambitieuse pour la nouvelle grande région ne peut se construire sans eux »

En réponse à vos questions précises sur le financement de l’année 2016 et sur les politiques qui seront mises en place, nous vous confirmons ce que disait Sandrine Rousseau le 28 septembre : Les financements aux projets artistiques et culturels seront garantis en 2016 et nous mettrons en œuvre une Conférence permanente régionale du développement artistique et culturel, réunissant l’ensemble des acteurs impliqués afin d’élaborer ensemble un projet commun à partir de votre livre blanc et des propositions que nous faisons dans cette campagne. Cette politique devra être ambitieuse pour répondre aux défis qui nous sont posés, nous proposerons donc une augmentation des budgets dédiés aux politiques artistiques et culturelles, comme une priorité du prochain mandat régional.

Ce projet commun partira d’un diagnostic partagé: nos régions se sont investies dans le financement de la culture et du travail artistique mais en mélangeant de plus en plus souvent politique culturelle et marketing territorial. Les grands événements culturels et la construction de grands équipements « hors-sol » sont contradictoires avec l’égalité des territoires. Ils entrent aussi en contradiction avec l’équilibre des financements sur l’ensemble de la région. Beaucoup de choses ont été faites, mais beaucoup de territoires ne sont pas soutenus. Cette concentration des moyens en Nord Pas De Calais dans les grandes villes n’a pas permis de soutenir dans la durée les initiatives des villes moyennes ou des équipes et artistes indépendants.

Nous voulons sortir de la concurrence entre les citoyens et les territoires, pour construire une région qui fait de la coopération le fondement de l’action publique et qui porte au cœur de son projet l’émancipation des citoyens. Cela s’incarnera dans des politiques d’égalité des personnes mais aussi d’égalité des territoires. Cette fusion doit être l’opportunité d’en finir avec une région à deux ou trois vitesses.

Enfin, nous nous ne contenterons plus de vivre ensemble, les uns à côté des autres, les uns contre les autres. Nous voulons une région où les citoyens font ensemble, se mêlent à nouveau de ce qui les regarde.

Nos solutions
Nous défendrons les droits culturels tels que définis par l’Unesco. A ce titre, nous soutiendrons les projets favorisant l’intégration, la participation de tous les citoyens et la diversité culturelle.

Nous rétablirons une égalité des territoires en soutenant de manière pérenne les projets des villes et villages comme ceux des artistes et équipes indépendantes. Nous prioriserons le maillage culturel du territoire avec l’idée d’un service public pour une culture de proximité en développant les aides aux lieux alternatifs, à la résidence et aux projets locaux.

Nous accompagnerons et contractualiserons avec les collectivités locales et territoriales pour garantir l’accès au haut débit internet pour tous.

Nous favoriserons la vie associative et les initiatives des artistes ou des équipes indépendantes en simplifiant les démarches administratives, en développant le fond de garantie pour les associations en difficulté. Ce fond deviendra un fond solidaire, c’est à dire qu’il sera géré par l’ensemble des acteurs ( structures, artistes, collectivités, banques coopératives), les aides étant attribuées par une commission paritaire d’étude des dossiers. Nous mettrons fin à l’impératif de cofinancement (avec contrainte de taux maximum pour la région) tous en défendant les financements croisés qui permettent d’enrichir les projets et de sécuriser les associations.

Nous compenserons la disparition des emplois solidaires en Picardie, par une aide spécifique et pérenne liée au développement des emplois artistiques et culturels.
Nous renforcerons l’enseignement artistique en multipliant les résidences d’artistes dans les établissements scolaires, et en soutenant des lieux de travail artistique dans des lycées ouverts sur la cité.

Nous limiterons les appels à projet. Nous généraliserons le conventionnement triennal, autour d’objectifs fixés en dialogue avec les acteurs culturels pour un travail artistique et culturel durable sur les territoires.

Nous prendrons en compte la diversité des pratiques culturelles et artistiques de notre nouvelle grande Région. Nous soutiendrons la connaissance et l’enseignement des langues régionales comme le Flamand et le Picard.

Pour les Arts plastiques, nous renforcerons les bourses d’aides à la création pour les plasticiens avec une attention particulière pour une diversité des disciplines. Nous soutiendrons les initiatives ayant pour but de rassembler et de valoriser les œuvres et leurs auteurs. Nous accompagnerons la volonté de structuration et de professionnalisation en développant des lieux dédiés à la création contemporaine. Nous favoriserons la présence et la circulation des artistes-auteurs. Nous soutiendrons la création, la médiation et l’éducation artistique, dans une démarche d’aménagement du territoire qui permettra à la fois la proximité et l’ouverture sur des échanges interrégionaux.

Pour le cinéma et l’audiovisuel, nous redéfinirons les missions et les finalités du fond d’aide à la production et des modes de soutien à la filière audiovisuelle. Nous soutiendrons les formations et les dynamiques de création audiovisuelle, cinématographique et numérique, qui proposent aujourd’hui de nouveaux métiers et créent des emplois. Nous voulons retrouver des équilibres entre la qualité artistique et l’efficacité économique. Nous développerons les dispositifs de soutien aux salles indépendantes, aux circuits de cinéma itinérant, aux projections dans des équipements de proximité et aux actions culturelles de sensibilisation et d’éducation à l’image.

Pour le livre et la lecture, nous développerons les résidences des écrivains en région, en accompagnant les structures qui les organisent avec une « bourse de territoire ». Nous soutiendrons l’édition indépendante et nous permettrons aux librairies indépendantes d’accéder aux marchés publics. Nous les associerons, comme acteurs privilégiés, à nos politiques de lutte contre l’illettrisme et d’élargissement des publics lecteurs.

Musiques actuelles, nous développerons les lieux dédiés aux musiques actuelles qui favorisent l’émergence, la création et la diversité des pratiques musicales. Nous encouragerons la coopération entre les acteurs en soutenant la structuration et la professionnalisation du secteur. Nous accompagnerons les initiatives et expérimentations qui proposeront de répondre aux questions d’emploi et aux enjeux artistiques et de développement culturel.

Spectacle vivant : nous développerons, comme cela a été commencé en Picardie, un plan de présence artistique et culturelle dans les lycées, afin que que chaque lycéen puisse rencontrer un artiste durant son cursus. Nous développerons les aides à la création, à la résidence et à l’implantation, de façon à favoriser un maillage du territoire (notamment rural), avec la création de lieux de travail artistique par des artistes, équipes indépendantes ou collectivités.

L’ensemble de ces propositions ne pourra être mises en œuvre que par des choix financiers et une priorité donnée à un développement durable et pérenne et l’abandon d’événements coûteux tenant plus de la communication de l’institution que du travail artistique et culturel.

Sandrine Rousseau
Candidate du Rassemblement “Choisir une région citoyenne, écologique et solidaire”

Lettre ouverte aux Associations d’usagers et aux syndicats des transports

Dans une Région qui fabrique de l’égalité, des transports pour tous, des marchandises hors de la route

À l’occasion des élections régionales des 6 et 13 décembre 2015, les militants Nord-Pas de Calais Picardie d’Europe écologie Les Verts, du Parti de Gauche-Front de Gauche, de Nouvelle Donne, de la Nouvelle Gauche Socialiste et de plusieurs collectifs de citoyens, ont décidé de se rassembler pour construire une alternative citoyenne, écologiste et solidaire pour notre région.
Notre projet est construit par et pour les habitants de la nouvelle grande région.
10 forums participatifs ont été organisés, et ont permis de recueillir plus de 850 propositions à partir desquelles nous avons élaboré notre programme.
Cette lettre ouverte que nous vous adressons aujourd’hui nous donne l’occasion de détailler les propositions de notre programme.

POURQUOI
Des super-TER toutes les 10 minutes entre Lille et le Bassin minier et quelques trains par jour, souvent en retard, pour le reste de la région ? Nous ne voulons pas de cette inégalité de traitement. Pour nous, où que l’on habite, que l’on soit riche ou pauvre, salarié ou pas… chacun doit pouvoir se déplacer dans la région selon ses besoins. Chacun doit pouvoir compter sur une alternative sûre, fiable et abordable à la voiture et respirer un air sain. Quant aux marchandises, il faut avoir le courage de les sortir de la route. Le train et la voie d’eau justement dimensionnée doivent nous libérer des files de poids lourds interminables, polluantes et dangereuses.

NOS SOLUTIONS
Pour répondre à ces deux objectifs, 1) se déplacer équitablement et déplacer des marchandises, et 2) ne pas polluer, ni localement (comme le diesel), ni globalement (en divisant par deux nos émissions de gaz à effet de serre en 2020), nous avons trois cibles alliées à une méthode :

• Première cible, doubler en 2020 de l’usage du TER (atteindre 300 000 voyages par jour) en le développant pour tous les usages et le rendant accessible aux jeunes et aux précaires grâce à la gratuité.
• Deuxième cible, développer l’intermodalité et l’éco-mobilité (pour le vélo, l’objectif est d’achever le réseau de 2 000kms de véloroutes et voies vertes).
• Troisième cible, le transport de marchandises, à optimiser sur la route, et à réorienter vers le ferroviaire et le fluvial.

Et notre méthode, ce sont deux principes d’efficacité et de transformation écologiques, à savoir la mobilisation optimale des ressources matérielles et humaines régionales et la valorisation des changements de comportement, à commencer au niveau de l’institution régionale.
Ces principes signifient que l’organisation des moyens existants prime sur de nouvelles infrastructures :

• L’amélioration du réseau existant et la nouvelle tarification pour développer le TER,
• les plans de déplacement au sein des entreprises et le covoiturage pour rationaliser l’usage de la route,
• et une pollutaxe régionale couplée avec l’innovation dans le secteur logistique pour réduire les déplacements, mieux remplir les véhicules et utiliser les modes propres.

• Des trains sur l’ensemble du territoire

Le coûteux projet de Réseau Express Grand Lille (REGL) entre Lille et le Bassin minier, qui ne profiterait qu’à quelques grandes villes, doit être abandonné. Nous investirons au contraire dans un plan de rénovation des lignes TER avec la création de trains à haut niveau de service partout dans la région.

• – Le développement de l’offre ferroviaire

L’offre ferroviaire entre Picardie et Nord Pas de Calais
Nous pensons qu’il faut travailler à l’amélioration des relations entre nos deux anciennes régions, même si le simple fait de fusionner deux territoires ne va pas entraîner subitement de nouveaux déplacements entre ceux-ci.
La liaison Lille – Amiens pourra être renforcée et la durée de trajet raccourcie avec la suppression de certains arrêts intermédiaires entre Arras et Amiens.
Nous proposons aussi le rétablissement de trajets directs Paris Amiens Lille desservant Creil.

La compétence des trains Intercités

Nous demanderons la compétence des dessertes TET Paris – Compiègne – St Quentin – Maubeuge ou St Quentin – Cambrai, et Paris – Amiens – Boulogne, sous condition d’un transfert à la Région de 1 centime de TICPE de la part de l’Etat par ligne cédée. Nous proposons de prolonger la desserte de Cambrai jusqu’à Lille et d’étudier avec la SNCB la desserte de Maubeuge prolongée à Erquelinnes, Namur, Liège.
Nous avons la volonté d’exploiter ces liaisons TET en THNS – Trains à Haut Niveau de Service – offre intermédiaire entre TGV et TER. Elle reposera sur un matériel roulant capable de rouler à une vitesse de pointe de 220km/h et offrant des services à bord tels que prises de courant, petite restauration et Wifi.

Les liaisons ferroviaires avec les régions voisines et avec la Belgique

Vers l’île de France, nous soutenons la liaison « Picardie–Roissy » : elle permettra de raccorder la Picardie (d’Amiens à Abbeville et au-delà à la côte, jusqu’à Boulogne) au réseau TGV et au bassin d’emploi de Roissy.
En ce sens, nous sommes favorables à l’électrification du tronçon Amiens Rang du Fliers, prévue dans les Contrats de Plan de nos deux régions actuelles.
Nous sommes bien évidemment favorables à la réalisation du saut de mouton sur la ligne LGV Nord qui permettra d’éviter le cisaillement et de faciliter la liaison avec Arras.
Pour les liaisons avec la Belgique, nous préconisons leur modernisation entre Lille et Tournai et Lille et Courtrai, et l’ouverture de la liaison entre Jeumont et Erquelinnes, puis vers Namur et Liège, en TER ou en TET. Cette question sera portée par le conseil régional, en y invitant directement la SNCB, puisque la compétence ferroviaire n’est pas décentralisée en Belgique. La gamme tarifaire sera dynamisée, et les titres, Trampoline en particulier, seront portés à la connaissance des usagers et distribués de façon cohérente et exhaustive : aux guichets, par Internet, sur tout type de distributeur.

• – La convention TER

La convergence entre les conventions TER existantes des deux régions Nord Pas de Calais et Picardie
En 2018, la clause de revoyure de la convention TER Nord Pas de Calais permettra de la faire converger avec celle de Picardie, notamment sur la clause de présence des agents.
Le suivi de l’application des conventions
Précisément, nous veillerons à l’application de la convention TER Nord Pas de Calais sur les personnels : en maintenant les effectifs et la présence des agents dans les gares et les trains, nous contribuerons à assurer la tranquillité des passagers.
La concertation avec les usagers des transports
Il existe en Nord Pas de Calais deux instances initiées par les élus du Rassemblement : les comités de ligne depuis 2003 et « l’instance de concertation régionale » instituée par la nouvelle convention 2015-2024. Elles seront étendues à l’ensemble de la grande région.
Les Comités de lignes permettent le dialogue direct entre usagers, SNCF et Conseil Régional, notamment via l’implication des conseillers régionaux présidents de Comités. Ils doivent être renforcés en sollicitant les établissements scolaires et universitaires et les élus locaux et en les consultant systématiquement pour et lors d’évolutions de desserte.
L’instance de concertation régionale associera les Autorités Organisatrices de la Mobilité, les associations d’usagers, généralistes, de PMR ou de cyclistes, ainsi que les organisations syndicales de cheminots. Elle se réunira au moins une fois par an.

• – L’accessibilité des personnes à mobilité réduite

Pour la mise en accessibilité des gares prioritaires (plus de 1000 voyageurs par jour ou desserte d’un établissement de PMR), l’objectif de mise à niveau ou de services de substitution est fixé à 2025. La priorité et les mesures du programme s’appuieront sur la fréquentation des gares et sur l’expertise des associations représentatives de la diversité des handicaps.
La mise en œuvre de ce programme sera accompagnée par une communication vers l’ensemble des usagers qui sera renouvelée chaque année.
Toutes ces mesures, techniques, de service et de communication, seront évaluées et ajustées d’année en année.

• Des trains abordables, gratuits pour les précaires

La Région doit offrir des transports et notamment le TER à un prix incitatif à l’ensemble des citoyens, où qu’ils se trouvent.
Nous développerons et généraliserons à toute la région la tarification sociale Solidari’TER et mettrons en place la gratuité pour les plus précaires et pour les moins de 26 ans.

• – Le TER à un prix incitatif pour l’ensemble des citoyens

L’harmonisation des tarifications attractives entre les deux anciennes régions
L’harmonisation des tarifications doit répondre effectivement et prioritairement à l’objectif d’attractivité globale du TER en attirant de nouveaux publics ou de nouveaux usages sans perdre les publics antérieurement ciblés, sauf solutions plus favorables pour eux : télétravail, etc.
L’évolution du tarif TER notamment pour les trajets occasionnels
La question des voyageurs occasionnels est essentielle et représente un nouvel horizon prometteur pour le TER. Il doit offrir des tarifs attractifs pendant les heures creuses et le week-end. Nous avons trois objectifs à cet effet :
• (cf. ci-dessus) instaurer une nouvelle gamme de tarifs pour les loisirs comme pour les déplacements professionnels, pour les familles comme pour les voyageurs individuels,
• étendre l’opération TER/MER – TER/Vert à l’ensemble de la région,
• instaurer un Pass week-end de découverte de la grande Région en train.

• – La gratuité pour les plus précaires et pour les moins de 26 ans

La tarification sociale Solidari’TER du Nord Pas de Calais (75% de réduction) sera étendu à toute la grande région et promue auprès de tous les publics éligibles et la gratuité sera instaurée pour les plus précaires.
De même, la gratuité pour les moins de 26 ans ouvrira le TER aux familles et permettra la mobilité des jeunes, pour étudier et pour chercher ou occuper un premier emploi.

• Développer l‘intermodalité et l’éco-mobilité

Nous encouragerons l‘intermodalité et les transports plus doux à chaque instant, le développement des plateformes de covoiturage et la pratique du vélo : véloroutes et voies vertes, garages à vélos gratuits et sécurisés, location de vélos longue durée.

• – Intermodalité

Les aménagements de gare
Les aménagements de gare seront définis en concertation avec les Autorités Organisatrices de la Mobilité et les associations d’usagers.
Les intermodalités train + vélo, train + voiture, train + transport public
Pour améliorer l’intermodalité, la carte PassPass sera généralisée en Nord Pas de Calais – Picardie pour tous les modes : TER + bus, TER + vélo, TER + voiture partagée ou covoiturage.

Une appli pour l’info mobilité : à l’appui de la carte PassPass, le système d’information voyageur régional tous modes sera développé, mis en ligne et accessible en application pour smartphone.
Nous préconisons également le développement des garages à vélos gratuits et sécurisés dans les gares, les stations de transport public et les parkings de covoiturage, accessibles avec la carte PassPass.
La coordination train-autocar
Si une complémentarité avec les autocars peut être recherchée, celle-ci ne devra s’appliquer qu’en cas d’absence d’offre ferroviaire ou lorsque le temps de parcours par la route est nettement réduit ou encore quand l’offre ferroviaire est marquée par plusieurs correspondances. En aucun cas, l’offre d’autocars ne devra se développer en concurrence avec l’offre ferroviaire. Nous ne sommes donc pas favorables à la fermeture de lignes.

• – L’incitation au changement pour l’éco-mobilité

Depuis 2002, la fréquentation du TER a augmenté de 40 %. Pour réduire l’engorgement et la pollution automobiles, dans la lutte contre le dérèglement climatique, c’est un bel acquis, mais il faut aller plus loin. Pour la mobilité, le climat et la santé, chacune et chacun doit pouvoir se déplacer « durable et actif » dans la vie de tous les jours pour aller d’un point A à un point B : train, vélo, marche, métro, bus, autocar et automobile en autopartage ou en covoiturage, sans oublier le télétravail… tel est notre bouquet de solutions en alternative à l’usage de la voiture en solo notamment pour la desserte des milieux ruraux et péri-urbains.
A chaque rentrée, pour de nouveaux usagers, l’opération Inci’TER : le train à l’essai pendant deux mois, un mois payé, un mois gratuit et un accompagnement au changement
Des plans de mobilité durable dans les entreprises et les écoles : en appui de la loi de transition énergétique, la Région aidera les entreprises, les administrations, les établissements d’enseignement – et en priorité les lycées – à organiser leur plan de mobilité entreprise
Des agences de mobilité durable et active seront créées avec les territoires, pour sortir de l’habitude automobile, favoriser et conseiller l’usage du vélo et de la marche, de tous les transports en commun et de la voiture partagée.
Booster le covoiturage et l’autopartage : le Conseil Régional sera pilote de la coordination des actions pour le covoiturage et l’autopartage : parkings de regroupement, applis, facilités de stationnement à l’arrivée.

• – La région Nord Pas de Calais – Picardie, terre du vélo et de la mobilité active tous les jours

L’autonomie, la mobilité et la santé au quotidien, c’est pouvoir se déplacer en sécurité dans l’espace public, à pied, à vélo ou en fauteuil pour les personnes à mobilité réduite. C’est ce qui est offert par les itinéraires vélos régionaux qui desservent les cœurs de villes.
Le Conseil Régional sera en tête du peloton pour la mobilité active avec les territoires, en développant les véloroutes et voies vertes et le tourisme à vélo, les parkings sécurisés pour les vélos et en soutenant les plans de mobilité active pour les élèves et des étudiants.
• 100 km de véloroutes et voies vertes par an :
. Achèvement de la véloroute du littoral (EuroVélo 4)
. Achèvement de la véloroute Paris – Saint Quentin – Maubeuge (EuroVélo 3)
• Tourisme à vélo : les territoires seront soutenus pour l’implantation de relais vélos et les hébergements accueillants aux cyclistes seront promus par un « label vélo ».
• PassPass parking vélos – la carte PassPass offrira l’accès aux abris vélos sécurisés.
• Soutien spécifique aux plans de mobilité durable avec indemnité kilométrique vélo

• Repenser le transport de marchandises

Nous mettrons en place une taxe régionale sur les poids lourds de façon à inciter et à financer le transport alternatif par péniches et trains, et la Région s’impliquera dans la coordination logistique.

• – Avec la pollutaxe poids lourds, la Région équitable et responsable du changement énergétique

Une pollutaxe poids lourds régionale ne sera pas une charge supplémentaire, mais un transfert de charges : elle permettra au Conseil Régional de financer le transport ferroviaire dont le TER, la voie d’eau et toutes les mobilités durables et sera source d’économies pour leurs usagers.
La pollutaxe financera le programme Inci’TRANS pour organiser le transfert modal avec les professionnels de la logistique, de la route vers le fret ferroviaire ou fluvial, ou encore d’amélioration de la performance environnementale des transports routiers :
• Aide au changement de pratiques des acteurs de toute la chaîne
• Formation initiale et professionnelle à la logistique ferroviaire et fluviale des professionnels du
transport et de leurs clients du commerce et de l’industrie.

• – La Région impliquée dans le transport des marchandises

Sortir du tout routier
L’échange de marchandises fonde les activités économiques, et le camion est devenu la solution de facilité mais, il représente une source de pollution locale et d’émission de gaz à effet de serre. Le développement des solutions logistiques alternatives performantes sera poursuivi et les entreprises seront accompagnées et leurs personnels formés pour le changement de leur chaîne logistique.
Schéma régional logistique
Le Schéma régional logistique définira la qualité des infrastructures et des nœuds de transport, des matériels, des installations et la coordination des pôles logistiques.
Développement du fret ferroviaire
Liaison transfrontalière Valenciennes – Mons
Desserte ferroviaire du Port de Calais
Création d’une Rocade ferroviaire Nord-Est Le Havre-Amiens-Chalons.
Préservation et valorisation des installations de fret ferroviaire stratégiques
Développement du fret fluvial
Le développement du fret fluvial est une chance pour notre région, mais cela ne doit pas se faire à n’importe quel prix. Le Canal Seine Nord, pour l’instant trop cher et à l’impact environnemental considérable, doit être remis à plat.
Une consultation citoyenne doit être mise en place afin que les habitants du Nord Pas de Calais – Picardie puisse décider l’avenir de ce projet.
Des transports de marchandises mieux coordonnés
La performance des solutions logistiques suppose aussi des innovations dont ce secteur d’activité est encore en demande dans la région.
La Région continuera de soutenir l’innovation dans le secteur logistique pour favoriser l’émergence de « l’infogistique », alliant proximité de la production (circuits courts), réduction des déplacements et remplissage des véhicules.

EN CONCLUSION

Le train d’abord est au cœur de la stratégie du Rassemblement pour la mobilité régionale. Le train combiné avec tous les autres modes pour un trajet complet, fluide et sécurisé d’un point A à un point B.
Le train accessible à toutes les bourses, mais aussi un train attractif pour tous : pour le travail comme pour les loisirs, en solo, avec ses amis, ses collègues ou sa famille, la semaine comme le week-end.
Avec la voie d’eau, le train également revalorisé pour les marchandises, avec une réorganisation de l’ensemble de la chaîne logistique.
Comme mode actif, le vélo offre aussi un potentiel de mobilité insoupçonné pour les habitants de la région : au quotidien mais aussi pour de longues distances combiné avec le train, et pour le loisir ou le tourisme, sur les itinéraires de véloroutes voies vertes.
Enfin, la Région doit être au cœur des changements de comportement, en accompagnant les personnes, les entreprises et les professionnels du transport et en les faisant témoigner, pour expérimenter de nouvelles solutions et instaurer une mobilité durable.

Sandrine Rousseau
Candidate du Rassemblement “Choisir une région citoyenne, écologique et solidaire”

Lettre ouverte aux sportifs

Lettre ouverte aux sportifs amateurs, et aux amateurs de sports, aux clubs et à leurs nombreux bénévoles, à tous ceux qui pratiquent une activité physique.

À l’occasion des élections régionales des 6 et 13 décembre 2015, les militants Nord-Pas de Calais Picardie d’Europe écologie Les Verts, du Parti de Gauche-Front de Gauche, de Nouvelle Donne, de la Nouvelle Gauche Socialiste et de plusieurs collectifs de citoyens, ont décidé de se rassembler pour construire une alternative citoyenne, écologiste et solidaire pour notre région.

Notre projet est construit par et pour les habitants de la nouvelle grande région.
10 forums participatifs ont été organisés, et ont permis de recueillir plus de 850 propositions à partir desquelles nous avons élaboré notre programme.
Cette lettre ouverte que nous vous adressons aujourd’hui nous donne l’occasion de détailler les propositions de notre programme.
Le Nord-Pas de Calais Picardie fourmille de clubs et associations sportives : plus de 14 400 sont recensés (9 654 en Nord-Pas de Calais et 4 837 en Picardie), dans 80 disciplines et plus de 1,3 millions de personnes y sont licenciées. Chaque jour, en particulier les week-ends, les rencontres et compétitions se déroulent un peu partout sur le territoire, avec l’aide d’innombrables bénévoles qui font tourner les clubs et rendent possibles cette véritable fabrique de lien social.

Dans un autre registre, les habitants sont de plus en plus nombreux à pratiquer une activité physique, soit en dehors des structures organisées (randonnées, balades à vélo, footing, …), soit dans des salles spécialisées, qui se développent un peu partout et témoignent d’une volonté croissante de se bouger, de pratiquer une activité physique.
Enfin, notre territoire est doté de nombreux équipements, dont certains très prestigieux, et qui ont nécessité le lourds investissements financiers : Arena Stade couvert (Liévin), Grande Aire de glace du Coliséum (Amiens), Vélodrome couvert Stablinski (Roubaix), Grand Stade Pierre Mauroy (Villeneuve d’Ascq), Plateau multisport (Cayeurs sur Mer), Stade Bollaert (Lens), Stade Nungesser (Valenciennes), Complexe sportif Levindray (Laon), Dojo régional (Amiens, Wasquehal), Piscine Aqu’aab (Abbeville), base nautique ( Loeuilly).

Dans les Régions actuelles, les budgets consacrés à la politique sportive sont de 25,5 millions d’euros dans le Nord-Pas de Calais et de 10,2 millions d’euros en Picardie
Partant de ce constat rapidement évoqué, notre conviction est que oui une politique sportive écologiste et solidaire est possible !

Le sport ne se réduit pas aux millions d’euros du sport-spectacle ou aux évènements ultra médiatisés. Facteur d’épanouissement, de santé, vecteur d’éducation, d’émancipation, de lien social, d’intégration. La pratique sportive et l’activité physique sont aussi porteuses de valeurs humanistes : le respect, la solidarité, l’autonomie des personnes.
À nos yeux, l’enjeu d’une politique sportive régionale est d’investir prioritairement sur la pratique physique ouverte à tous, en affichant des objectifs précis de sobriété financière, de promotion de l’égalité entre les femmes et les hommes, de respect de l’environnement local (populations, patrimoine, espaces naturels), de transparence et de participation dans la gouvernance des instances.

Nos propositions s’articulent autour de 4 axes principaux :

• Priorité au sport pour tous, au sport bien être
Les bienfaits d’une pratique physique ou sportive ne sont plus à démontrer, en matière de santé, d’équilibre personnel, de lien social, de citoyenneté. Pour développer et encourager ces pratiques, nous proposons de développer l’accès libre (ou à faible coût) des équipements existants : stades, piscines, terrains municipaux … et de soutenir les initiatives locales, tels que les parcours sportifs et terrains de jeux dans les parcs urbains, les sentiers de randonnées et parcours cyclotouristes dans les territoires ruraux, etc.

• Soutien aux clubs et aux pratiques amateurs
Les clubs et associations sportives sont des acteurs majeurs pour permettre l’accès au sport par le plus grand nombre. Nous mettrons en place un plan ambitieux en faveur des clubs, afin de leur permettre d’accueillir un nombre croissant de sportifs amateurs.
Nous créerons un chèque sport pour favoriser l’inscription des lycéens et des apprentis dans un club. Son montant se situera environ à 30€.

Les critères d’attribution des subventions seront revus, dans l’objectif d’encourager en priorité l’accueil du plus grand nombre dans de bonnes conditions, et pas seulement de récompenser le niveau de performance atteint. Une attention particulière sera apportée à l’ouverture des clubs en direction des personnes éloignées des pratiques sportives, à la création de sections féminines, notamment dans les sports très « genrés » (comme par exemple le rugby, le football, …).

Des aides spécifiques seront mises en place pour encourager l’accueil de personnes en situation de handicaps (aide à l’équipement, formation spécifique des entraîneurs, …).

• Promotion des sports et des pratiques sportives compatibles avec nos valeurs
Nous soutiendrons les actions de lutte contre toute forme de discrimination dans le sport et encouragerons le principe de l’égalité femmes / hommes.
Des critères précis d’éco-responsabilité permettront de prioriser les manifestations sportives soutenues (par exemple : encouragement aux transports collectifs et au co-voiturage des participants et du public, limitation des déchets produits, restauration faisant appel aux structures de proximité, …). Il sera mis un terme aux subventions régionales versées aux sports et pratiques sportives ayant un impact important sur l’environnement, notamment les sports carbonés (rallyes automobiles, motocyclisme, karting …).

Nous poursuivrons et étendrons au Nord-Pas de Calais les actions de promotion du sport de nature déjà développées en Picardie.

En matière d’équipements, les constructions et rénovations de stades, de salles spécialisées, de piscines … devront s’inscrire dans le cadre d’une stratégie lisible et cohérente à l’échelle régionale, et dans le respect des normes environnementales (notamment HQE).

Une vigilance particulière sera apportée au respect de l’équilibre territorial, afin d’organiser le maillage harmonieux des équipements, manifestations et évènements sportifs sur l’ensemble du territoire.

Mise en place d’une gouvernance régionale

Nous mettrons en place une gouvernance à l’échelle de la région, afin de faciliter le dialogue entre toutes les parties prenantes : collectivités, ligues, fédérations, Comité régional olympique et sportif, institutions, représentants des bénévoles, … L’enjeu sera d’associer ces parties prenantes dans l’élaboration de la politique sportive régionale, le suivi de sa mise en œuvre et de mieux coordonner les interventions des uns et des autres. Cette concertation approfondie (et permanente) permettra en particulier d’établir les priorités de l’intervention régionale et de les faire largement connaître.
Elle est aussi nécessaire pour éviter la multiplication de grands équipements en concurrence à quelques kilomètres les uns des autres, quand d’autres territoires sont sous-dotés.

Vous l’aurez compris, notre volonté est de développer une politique sportive régionale ouverte sur la population, vecteur de bien-être individuel et collectif.
Persuadée que vous partagerez cette ambition, nous sommes à votre disposition pour en discuter avec vous et approfondir nos échanges.

Sandrine Rousseau
Candidate du Rassemblement “Choisir une région citoyenne, écologique et solidaire”

Lettre ouverte aux acteurs de la formation professionnelle et de l’éducation permanente

À l’occasion des élections régionales des 6 et 13 décembre 2015, les militants Nord-Pas de Calais Picardie d’Europe écologie Les Verts, du Parti de Gauche-Front de Gauche, de Nouvelle Donne, de la Nouvelle Gauche Socialiste et de plusieurs collectifs de citoyens, ont décidé de se rassembler pour construire une alternative citoyenne, écologiste et solidaire pour notre région.

Notre projet est construit par et pour les habitants de la nouvelle grande région.
10 forums participatifs ont été organisés, et ont permis de recueillir plus de 850 propositions à partir desquelles nous avons élaboré notre programme.

Cette lettre ouverte que nous vous adressons aujourd’hui nous donne l’occasion de détailler les propositions de notre programme.

Aujourd’hui plus que jamais, l’éducation permanente et la formation professionnelle sont des leviers puissants pour rétablir de l’équité, du lien social, du mieux vivre ensemble.
Ce vaste champ est un espace vivant, évolutif, complexe. Il ne peut donc s’agir que de co-construire, de créer les conditions d’une mobilisation de l’ensemble des compétences d’un tissu d’acteurs particulièrement riche et de favoriser la parole des bénéficiaires dans leur diversité.

Depuis 1983, les lois de décentralisation qui se sont succédées ont transféré aux Conseils régionaux diverses compétences en matière de formation professionnelle. Dernièrement, la loi du 5 mars 2014 permet aux régions d’être de véritables autorités organisatrices de la politique régionale d’accès à l’apprentissage et à la formation professionnelle des jeunes et des adultes à la recherche d’un emploi ou d’une nouvelle orientation professionnelle.
En Nord-Pas de Calais-Picardie, plus de 500 millions d’euros seront consacrés à la formation professionnelle et l’éducation permanente. Ce sera le 3ème budget de la collectivité, après les lycées et les transports.

La philosophie générale de nos propositions s’articule autour de 4 finalités :
Redéployer de la capacité d’innovation en créant de nouvelles opportunités sur le champ de la formation professionnelle et de l’éducation permanente ;

cette innovation doit être au service de tous quel que soit le niveau initial.
Renforcer la qualité de l’offre de formation :

• en accompagnant les mutations pédagogiques,
• en donnant de la perspective et de la visibilité à moyen terme à l’appareil de formation,
• en rendant aux organismes un vrai statut de partenaire des pouvoirs publics,
• en les restaurant comme force de proposition, fonction que les procédures de marché public ont eu beaucoup trop tendance à défaire.

Clarifier les missions de chacun : Il appartient aux entreprises et aux branches professionnelles de prendre en charge la formation des salariés et aux pouvoir publics celle des demandeurs d’emploi et des salariés très précaires. Pour autant il est indispensable de favoriser les échanges entre dispositifs en direction des demandeurs d’emploi et dispositifs en direction des salariés portant sur les évolutions des métiers, les contenus et modes de formation.

Penser parcours et non dispositif. Quand il y a une opportunité d’accès à l’emploi, il est primordial de construire des parcours différenciés, adaptés aux différents profils et niveaux de formations. Construire exclusivement les parcours le plus court possible va forcément privilégier les personnes déjà les plus qualifiées. C’est une des rares situations où le « circuit court » systématique est générateur d’exclusion.

Voici nos principales préconisations :

• Accompagner les mutations en cours, sécuriser les parcours

Les transformations économiques en cours induisent des mutations sociales de grande ampleur. Les relations à l’emploi sont de moins en moins stables en raison de la recherche d’une plus grande flexibilité productive : multiplication des contrats précaires, éclatement des statuts, émergence de nouvelles formes d’emploi. La mobilité des salariés s’est accrue. Elle est particulièrement forte en début de vie active, dans la phase d’insertion professionnelle, mais elle touche aussi de nombreux adultes dont le parcours professionnel est de plus en plus marqué par des ruptures de toutes sortes et en particulier les femmes qui sont beaucoup plus concernées par l’irrégularité croissante des carrières.

Les nouvelles technologies et les changements dans l’organisation des entreprises transforment radicalement le contenu du travail. Au cours de l’ère industrielle, la productivité reposait sur la division du travail et l’automatisation ; dans la société de l’information elle est fondée sur le savoir, sur la diffusion massive des technologies. Dans presque tous les domaines, il est attendu des salariés qu’ils fassent preuve de plus d’autonomie, qu’ils soient mieux formés et qu’ils soient capables de définir et de planifier une grande diversité de tâches.

Les risques d’exclusion d’une partie de la population ne sont pas négligeables face à la dimension plus « communicationnelle » et abstraite du contenu du travail. C’est donc la capacité à mobiliser les savoirs acquis face à des situations de travail très évolutives qui s’avère déterminante.

Dans ce contexte, la formation continue doit permettre à chacun de mettre à jour des connaissances en perpétuelle évolution ; elle doit aussi faciliter la progression des compétences à travers la confrontation permanente des savoirs construits dans l’action et des savoirs formels. L’idée de formation tout au long de la vie traduit cette orientation.

• Accompagner les évolutions de compétences et l’accès aux 50 000 emplois que nous créerons en 5 ans grâce à la transition écologique et sociale

Les métiers liés à la transition écologique et sociale connaissent une croissance sensible. Cette évolution sera encore renforcée par les urgences environnementales et climatiques de plus en plus aiguës et qui trouveront réponses, en partie au moins, dans les mesures d’appui au développement économique que nous comptons impulser dans ces secteurs. Nous pensons qu’il est indispensable de renforcer les travaux et études réalisées en lien avec les branches professionnelles afin de partager et renforcer notre connaissance des évolutions concernant les métiers, et des impacts sur l’emploi.

Il est avéré aujourd’hui que ces nouvelles questions affectent tous les niveaux de compétence en entreprise (nouveaux modes d’organisation, nouvelles connaissances technologiques, nouvelles façons de concevoir les produits de les mettre en œuvre) et par conséquent tous types de salariés. Des opportunités d’emploi vont y correspondre, pour tous les niveaux de formation.

Nous proposons donc en complément des dynamiques déjà à l’œuvre :

• De systématiser la contractualisation d’un volet « formation professionnelle » avec chacun des pôles d’excellence et de compétitivité et plus largement d’étendre ce principe à chacun des dispositifs d’appui au développement économique d’un secteur donné soutenu par la Région. Ce volet doit inclure une dimension d’ingénierie – voir d’innovation pédagogique – ouverte sur tous les niveaux de qualification.

• De penser un dispositif qui, sans nécessairement se limiter aux premiers niveaux de qualification, s’inspire des acquis des dispositifs « Nouvelles qualifications » qui articulaient réponses à des besoins de nouvelles compétences au sein des entreprises, innovation pédagogique et accès à l’emploi de publics de divers horizons professionnels et/ou de niveaux de formation.

• De saisir toute situation nouvelle dans un secteur donné pour introduire des expérimentations qui associent formation de salariés et de demandeurs d’emploi. L’objectif est à la fois de garantir un accès le plus large possible à ces nouvelles opportunités, et d’enrichir et partager l’ingénierie pédagogique liée à ces évolutions. Par principe, ne laisser pour compte ni les salariés ni les demandeurs d’emploi de faible niveau (en terme de compétences clé ou de qualifications professionnelles), en initiant de nouveaux parcours de formation diversifiés dans leurs contenus et leurs durées pour l’accès à une même qualification ou certification.

• Considérer les organismes de formation comme partenaires et non pas uniquement comme prestataires.

La législation en vigueur implique que l’essentiel des programmes de formation soient élaborés dans le cadre des marchés publics.

Nous ne nions pas que l’offre de formation en mode subvention, qui ne faisait pas l’économie d’une mise en concurrence des organismes de formation, avait ses limites et que la qualité de la formation n’était pas toujours au rendez-vous. Pour autant les procédures de marchés publics sont ou ont été souvent destructurantes et appauvrissantes. Mais à ce jour, elles s’imposent à nous.

Nous aurons avec la fusion des régions, la coexistence des trois modes possibles (Marché avec allotissements, Délégation de service public, Mandatement avec octroi de droits spéciaux). Chacun a, a priori des points forts et des points faibles.

Tous nécessitant du temps à être mis en œuvre, nous ne voulons pas déstabiliser une fois de plus l’appareil de formation et nous allons faire de cette situation de fusion un atout (la Picardie et le Nord-Pas de Calais ont choisi des voies différentes) en mettant en place un dispositif large et concerté d’évaluation comparative des trois systèmes.

Celui-ci devra couvrir : les dimensions pédagogiques, la qualité de la formation dispensée en regard des publics accueillis, les résultats obtenus, apprécier l’impact de l’environnement de la formation (orientation, accompagnements..) et s’attacher in fine à mesurer la capacité des dispositifs à accueillir et faire progresser, ou pas, les différents types de publics, sans exclusive.

• Enrichir la gouvernance et l’ancrer sur les territoires

Il est acquis aujourd’hui que l’ensemble des travaux menés dans le cadre du CPRDFP (contrat de plan régional pour le développement des formations professionnelles), devenu CPRDFOP (contrat de plan régional de développement des formations et de l’orientation professionnelles), constitue une base de qualité pour poser les grandes orientations en matière de formation professionnelle et nourrir une forme de gouvernance de niveau régional.

Nous souhaitons enrichir ces bases en renforçant le dialogue avec les territoires. Nous travaillerons donc à la mise en place d‘un espace de dialogue au niveau local pivot d’une gouvernance partagée.

Quelle gouvernance ?

Ces instances seront quadripartites, à l’écoute des représentants des bénéficiaires et des bénéficiaires potentiels non-salariés (voir plus bas chapitre expression des bénéficiaires et démocratie participative). Elles rassembleront des élus du territoire, les représentants des pouvoirs publics, de l’appareil de formation, les partenaires sociaux.

Quels rôles donner à cette gouvernance ? Elle aura pour rôle de fédérer les moyens et les compétences des différentes parties prenantes. Elle aura capacité à mener des diagnostics locaux partagés, se nourrira des diverses instances territoriales liées à l’aménagement du territoire, au développement économique, … Elle pourra être un espace de coordination de moyens pour, par exemple, renforcer et enrichir la qualité de l’accompagnement de la formation (accès à la culture, au tissu associatif, aux dispositifs à caractère social, aux moyens de déplacements…), coordonner des opérations spécifiques portant sur l’illettrisme ( voir chapitre correspondant ), repenser, ou à minima soutenir une éducation permanente ancrée dans la vie des territoires et favorisant les solidarités, l’accès à la culture et le mieux vivre ensemble.

• Ramener en 6 ans l’illettrisme en deçà de ce qu’il représente au niveau national

Le Nord-Pas de Calais ainsi que la Picardie supportent parmi les plus fort taux d’illettrisme du pays (11% de la population régionale, contre 7% en France métropolitaine) et de difficultés en compétences de base (24% de la population, contre 18% en France métropolitaine).

L’objectif est de ramener en 10 ans ces taux en dessous des taux de la France métropolitaine.

Il est entendu que la lutte contre l’illettrisme ne concerne pas, loin s’en faut, que l’appareil de formation permanente, même si ce dernier a une place importante à prendre considérant que les plus forts taux d’illettrismes se retrouvent aujourd’hui chez les adultes.
Nous voulons faire de cette question un enjeu majeur et nous inspirer des démarches expérimentales menées dans le cadre de la TESR (Transformation écologique et sociale régionale). Cette démarche s’affranchit des champs de compétences traditionnels des différentes institutions. Elle s’appuie sur l’identification d’un enjeu primordial, pour lequel il est impératif de construire et mettre en œuvre des solutions nouvelles et robustes, sur la base d’une mobilisation des parties prenantes (collectivités, institutions, représentants de l’éducation permanente et de la formation professionnelle, …).

• Ré-examiner les besoins des populations arrivées récemment sur le territoire.

La réalité sur cette question a changé, elle est aujourd’hui en forte évolution. Même si cela n’est pas de la compétence de la Région, il apparaît nécessaire que soit garanti un accès à la maîtrise du français pour ces personnes. Nous souhaitons donc dans un premier temps un partage et une mise à plat des informations sur ce thème et la définition de solutions à la hauteur des nouveaux enjeux d’intégration des migrants récents.
• Permettre et encourager l’expression des bénéficiaires & la démocratie participative
En complément de ce que la loi impose en matière de représentation et d’expression des stagiaires, nous mettrons en place un dispositif de démocratie participative des bénéficiaires et bénéficiaires potentiels s’appuyant sur les processus de tirage au sort déjà expérimentés à de nombreux endroits.

Pour rappel ce processus se déroule en 3 temps : une période de formation sur thème considéré, une période d’élaboration de propositions/préconisations, et un temps de restitution de celles-ci.

Accompagner les projets individuels

Même si la finalité première et structurante de la formation permanente reste pour nous de rendre possible l’accès à l’emploi, nous souhaitons pouvoir accompagner aussi des projets individuels liés à une réorientation ou à une perspective d’activité favorisant le mieux vivre ensemble.

Dans un premier temps cette démarche sera expérimentée sur un territoire et sur des effectifs limités. Elle est individuelle et pourrait être activée notamment, mais pas exclusivement, à partir de la maturation d’un projet travaillé dans le cadre du dispositif « compétences de bases ».

Vous l’aurez compris, notre conception de l’éducation permanente et de la formation professionnelle s’articule d’une part autour d’un objectif d’émancipation individuelle et collective, et d’autre part autours d’outils de compréhension du monde et de ses enjeux. Cela passe par des outils d’expression et de création, des outils pour agir, des moyens pour dépasser les a priori et comprendre l’autre dans son altérité et ses différences, des outils de protection contre toutes formes de manipulation (médiatique, religieuse, politique …).

Dans un contexte de crise économique, sociale et environnementale, la formation constitue un enjeu majeur qui contribue au développement économique des territoires tout en permettant l’évolution professionnelle des individus tout au long de leur vie. L’orientation et la formation ne doivent plus sélectionner par l’échec, mais au contraire s’appuyer sur toutes les réussites.

Nous serons particulièrement attentifs aux publics les plus affectés par le chômage de longue durée, qui n’ont pas de qualification reconnue et adaptée au marché du travail. Ces personnes, en général jeunes, cumulent souvent d’autres difficultés sociales. C’est pourquoi nous aurons, pour nos concitoyens les plus fragilisés au regard de leur insertion sociale et professionnelle, la volonté de mettre en place de véritables parcours de formation, assortis d’un accompagnement pédagogique, culturel et social.

Persuadée que vous partagerez cette ambition, nous sommes à votre disposition pour en discuter avec vous et approfondir nos échanges.

Sandrine Rousseau
Candidate du Rassemblement “Choisir une région citoyenne, écologique et solidaire”

Lettre ouverte aux membres de la communauté lycéenne

À l’occasion des élections régionales des 6 et 13 décembre 2015, les militants Nord-Pas de Calais Picardie d’Europe écologie Les Verts, du Parti de Gauche-Front de Gauche, de Nouvelle Donne, de la Nouvelle Gauche Socialiste et de plusieurs collectifs de citoyens, ont décidé de se rassembler pour construire une alternative citoyenne, écologiste et solidaire pour notre région.

Notre projet est construit par et pour les habitants de la nouvelle grande région.
10 forums participatifs ont été organisés, et ont permis de recueillir plus de 850 propositions à partir desquelles nous avons élaboré notre programme.

Cette lettre ouverte que nous vous adressons aujourd’hui nous donne l’occasion de détailler les propositions de notre programme.

Pour présenter les grandes orientations de notre programme en faveur de la communauté lycéenne, nous avons choisi de nous adresser à l’ensemble de ses membres : personnels, parents et élèves. La région Nord-Pas-de-Calais-Picardie sera la région la plus jeune de France (2 habitants sur 5 ont actuellement moins de 29 ans). Ses élus auront sous leur responsabilité de très nombreux domaines, comme la gestion matérielle des lycées, la politique de l’apprentissage, la carte des formations supérieures et l’orientation.

Or, le système éducatif, dans notre grande région, est confronté à des difficultés réelles, qui entravent la réussite scolaire de nombreux jeunes : décrochage scolaire, inégalités sociales, disparités géographiques,… Nous devons donc être à la hauteur de ces enjeux.
Notre région a déjà des atouts pour remporter le défi de la réussite pour tous. De nombreux dispositifs ont déjà été mis en place en Picardie et en Nord-Pas-de-Calais : soutien aux activités sportives et culturelles, aides à la mobilité internationale,… Nous proposons de les amplifier et de les faire connaître davantage aux lycéens pour qu’ils puissent en bénéficier. C’est également à Calais qu’a été construit le tout premier lycée à haute qualité environnementale, sous la présidence écologiste de Marie-Christine Blandin.

1) Un cadre sain, durable et agréable pour les lycéens et les personnels.

Dès leur construction, les lycées doivent répondre à des critères environnementaux stricts (matériaux utilisés, économies d’énergie…) et avoir une très haute qualité environnementale. Un vaste plan de rénovation thermique des lycées existants sera une priorité régionale. C’est une question essentielle pour préserver notre santé , limiter le dérèglement climatique mais aussi réduire les charges qui pèsent sur les lycées.
Nous devons amplifier la lutte contre les éventuels gaspillages d’eau, d’aliments et d’énergie. La gestion des déchets fera l’objet d’une vigilance commune : recyclage, réduction des déchets, politique de réemploi, installation d’unités de compostage… Les personnels et les élèves seront sensibilisés à ces questions.

Le nettoyage des locaux doit être effectué avec des produits sans nocivité, et l’entretien des espaces verts dans les lycées et CFA doit être effectué sans pesticides.

Un « Agenda 22 Accessibilité Handicap » permettra de faire en sorte que tous les lycées soient intégralement accessibles aux personnes en situation de handicap, au plus vite.
Nous créerons des zones blanches sans ondes électromagnétiques dans les lycées et CFA. Nous accroîtrons le développement des connexions internet par le biais du filaire.
Nous instaurerons une alternative végétarienne à chaque repas dans les cantines des lycées (avec formation des personnels de restauration). Nous mettrons en place une centrale publique d’achat régionale pour regrouper les commandes des lycées. Nous voulons qu’à terme, 50 % des repas soient composés d’aliments bios issus de l’agriculture locale.

Nous promouvrons la création de potagers et l’installation de ruches dans les lycées. Nous alignerons les régimes des TOS des lycées au mieux-disant.

2) De meilleures conditions de vie et d’études pour les lycéens

De nombreux lycéens viennent à leur établissement en train ou en bus. Nous souhaitons la gratuité de tous les trains régionaux pour les moins de 26 ans, et la gratuité des transports scolaires. Nous veillerons également à ce que les transports en commun soient bien présents sur l’ensemble du territoire, et à ce que les horaires des trains régionaux soient bien respectés. Un renforcement de la présence humaine dans les gares et les trains permettra de garantir la sécurité de ces lieux. Par des mesures concrètes, nous encouragerons également les déplacements en co-voiturage ou à vélo.

Nous développerons des partenariats internationaux dans tous les lycées. Nous maintiendrons, amplifierons et développerons les systèmes de bourses de mobilité internationale, pour des échanges linguistiques, des séjours d’études et des stages à l’étranger.

Nous créerons un chèque sport pour favoriser l’inscription des lycéens et apprentis en club. Nous développerons les aides à la résidence, à la création et aux projets locaux dans les lycées. L’accès des lycéens à la culture sera financé et facilité.

Nos élus participeront activement aux instances de concertation dédiées avec la jeunesse, comme les Conseils Académiques de Vie Lycéenne ; et ils seront à l’écoute des besoins précis des personnels et des lycéens.

A tout âge, l’accès à la santé est primordial. Nous impulserons une politique de lutte contre les addictions, et de prévention du suicide chez les jeunes. Nous faciliterons l’accès à la contraception masculine et féminine dans l’ensemble des lycées et CFA de la région. Nous renforcerons l’accès à l’IVG sur l’ensemble du territoire régional, en subventionnant l’achat d’échographes et la création d’unités fonctionnelles.

3) Une politique éducative efficace et citoyenne, pour la réussite de chaque élève.

Nous favoriserons les actions d’éducation au développement durable, ainsi qu’à la connaissance de notre patrimoine naturel.

Notre patrimoine linguistique sera également l’objet d’une attention soutenue : nous impulserons une politique d’initiation et d’approfondissement en langues picarde et flamande.

Nous nous engageons dans la lutte contre toutes les discriminations, en partenariat avec les associations grémentées par le ministère de l’Education nationale et/ou par les recteurs de la grande région. Nous participerons à la sécurisation du fonctionnement et des emplois de ces associations.

Nous étendrons les dispositifs de tutorat par les pairs afin d’accompagner les lycéens et étudiants dans leur réussite.

Nous favoriserons les relations entre l’Education nationale et les associations d’éducation populaire et/ou d’aide aux élèves en difficulté.

Nous lancerons un plan régional d’envergure pour lutter contre l’illettrisme, par l’accès à la formation, la promotion de la lecture et le soutien aux initiatives culturelles en ce sens.
Nous soutiendrons également les associations d’accompagnement aux migrants et aux réfugiés qui aident les lycéens et leurs parents à maîtriser davantage la langue française.
Nous développerons les écoles de la seconde chance pour lutter contre le décrochage scolaire

Les structures d’orientation de proximité doivent être maintenues sur l’ensemble du territoire. Nous déploierons ainsi un service public régional de l’orientation, notamment ouvert aux métiers de la transition écologique et sociale.

4) Une gestion transparente et participative, au service de toute la région.

Nous considérons que l’éducation doit être une priorité régionale, et les moyens financiers qui lui sont alloués par la région ne doivent pas être sacrifiés sur l’autel de l’austérité. Il faut continuer à donner aux fonctionnaires territoriaux et d’Etat les moyens d’accomplir leur mission avec grand professionnalisme. Cela nécessite une gestion transparente, efficace et participative de l’argent public.

Nous nous engageons à coopérer étroitement avec les représentants des personnels (syndicats), des parents et des lycéens, ainsi qu’à nous tenir à l’écoute des collectifs locaux qui nous alerteraient sur des problématiques sociales ou environnementales liées aux lycées.

Nous étendrons le budget participatif des lycées à l’ensemble des établissements. Il permet à la communauté éducative de décider ensemble, après concertation et vote, des choix d’équipement et de rénovation dans leur établissement.

Nous créerons une plate-forme numérique régionale d’accès à l’ensemble des données de la Région en open data, et nous privilégierons systématiquement l’utilisation de logiciels libres au sein des lycées de la région.

Il serait inconcevable que la grande région soit uniquement gérée depuis Lille : le service public de l’éducation et son administration territoriale doivent être présents dans toute la grande région, y compris à Amiens.

Par ailleurs, nous aménagerons un plan régional de formation qui assure un ensemble de formations équitablement réparti sur tout le territoire et diversifié. En complément, nous assurerons une aide à la mobilité régionale pour les lycéen-ne-s, notamment par le biais de la gratuité des trains régionaux.

Nous respecterons la loi relative au financement des lycées privés, mais mettrons un terme aux subventions extralégales accordées aux établissements privés, qui ont actuellement un budget moyen de 30% supérieur à celui des lycées publics.

Nous favoriserons le maintien des enseignants dans la grande région, par une politique d’accueil, d’aide et d’accompagnement envers les personnels nouvellement arrivés et les étudiants des métiers de l’enseignement.

5) Faciliter l’insertion des jeunes dans le monde professionnel.

Les perspectives professionnelles des lycéens doivent être nombreuses et diverses. Nous encouragerons les formations orientées vers l’emploi de qualité, durable et non-délocalisable, dans les domaines d’avenir : carrières sanitaires et sociales, énergies renouvelables, transports doux, agriculture paysanne, filière forêt-bois, tourisme rural, maritime, culturel et patrimonial.

Nous ouvrirons davantage de places dans les formations aux métiers du sanitaire et du social.

Nous apporterons une aide financière et technique à la création d’entreprises innovantes, dans le cadre de l’entrepreneuriat social, écologique et coopératif.

L’apprentissage ne doit pas être une filière suivie par défaut, mais un véritable choix de l’élève qui lui permette de suivre une formation de qualité en établissement et en entreprise. Nous soutiendrons les filières d’apprentissage des métiers verts et développerons les passerelles et possibilités de reprise d’études en apprentissage. Nous veillerons également aux conditions de travail des apprentis.

Les lycéens sont notre avenir, et ils constituent l’une des grandes forces de notre région : nous devons leur assurer des conditions d’études motivantes, et leur donner des perspectives pour leur insertion professionnelle. La région, par son implication dans la bonne gestion des lycées, doit être à la hauteur du professionnalisme des personnels éducatifs, du dévouement des familles et de l’investissement des lycéens.

Sandrine Rousseau
Candidate du Rassemblement “Choisir une région citoyenne, écologique et solidaire”