CONSEIL MUNICIPAL du 5 OCTOBRE : «ENSEMBLE LE POUVOIR D’AGIR» CONTRE LA REDUCTION MASSIVE DU NOMBRE DES EMPLOIS AIDES

Après l’annonce brutale par le gouvernement de la diminution des emplois aidés, la majorité de la municipalité roubaisienne a proposé une motion demandant de préserver ces emplois dans les quartiers prioritaires. 3 versions de ce texte nous ont été successivement proposées.
La modification la plus sensible a été d’introduire un paragraphe mettant en cause des décisions du dernier gouvernement Hollande.
Les groupes « Roubaix respecté » et « Nous c’est Roubaix » ont présenté l’amendement suivant :
« Pour ce qui la concerne, la ville prend l’engagement de maintenir en 2018 les subventions aux associations et clubs sportifs. Elle examinera la situation des associations en difficultés suite aux baisses déjà enregistrées ou au retrait sur les contrats de ville. »
Ils ont aussi demandé le retrait du paragraphe sur le gouvernement Hollande.
Nous avons voté l’amendement qui a été rejeté par la majorité. Elle a également refusé de retirer le paragraphe litigieux.
Nous avons quant à nous exprimé le regret que l’amendement n’ait pas été intégré et déclaré que l’ajout du paragraphe litigieux n’était pas raisonnable car il introduisait une polémique historique stérile en regard des enjeux du moment.
Nous avons néanmoins voté la motion, dans un esprit de responsabilité pour préserver les intérêts de Roubaix et des associations roubaisiennes.
Vous trouverez ci dessous le texte intégral de l’intervention de Christian CARLIER au nom du groupe :

La brutale annonce par le gouvernement de la réduction massive des emplois aidés et cela sans concertation et sans évaluation concertée de leurs effets a sidéré.
Vous nous proposez une motion que nous avons soigneusement étudiée.
Nous comprenons que elle cherche à limiter les dégâts à Roubaix, surtout pour les associations qui vont être durement touchées, en demandant de préserver ces emplois dans les quartiers prioritaires.
Il serait d’ailleurs utile de préciser qu’il s’agit des quartiers prioritaires de la Politique de la Ville car le gouvernement a déjà défini de façon limitative des territoires prioritaires : l’outre mer et les communes rurales.
Il ne faudrait cependant pas faire l’impasse sur la réfutation des justifications de ces décisionsnic, sur leurs incohérences apparentes, sur ce qu’elles vont entrainer.
Alors il y a le coût.
Mais toutes les études montrent que le coût par emploi des exonérations des cotisations sociales et du CICE est sans commune mesure avec le coût d’un emploi aidé et cela dans des proportions parfois extravagantes.
Il y a une prétendue inefficacité pour le retour à l’emploi.
Certes pas de miracle mais pourquoi s’attaquer alors aux contrat initiative emploi à destination du secteur marchand alors qu’ils ont justement le meilleur taux de retour à l’emploi ?
L’effet d’aubaine pour l’entreprise existe mais leur a t il échappé que passer par le sas CIE permet à des personnes d’accéder à l’emploi alors qu’ils ne l’auraient pas pu le faire en embauche directe ?
Il faut privilégier la formation.
Pourquoi opposer emploi aidé et formation alors qu’il est justement prouvé que le retour à l’emploi est meilleur quand les 2 sont associés ?
C’est toute la complexité de l’accès à l’emploi pour ceux qui en sont le plus éloignés qui est nié.
Il y a le reproche aux collectivités territoriales d’user d’une main d’œuvre à bon marche. Mais si les ressources de ces collectivités n’étaient pas systématiquement rognées, ne préféreraient elles pas les emplois statutaires ?
Subventions déguisées aux associations ? Mais pourquoi alors ne pas leur accorder des subventions franches et loyales si leur action est socialement utile ?
La brutalité de cette décision introduit la concurrence.
On se doute bien qu’entre les services de l’Etat, les collectivités locales, les associations, les grandes et les moins grandes, les capacités de lobbying ne sont pas les même.
Pour les associations, il est à craindre que l’arrêt brutal de la perfusion des emplois aidés soit une étape de plus dans la mise en place d’un nouveau modèle associatif où sous couvert de mécénat et de partenariat une bonne partie du secteur associatif passera sous contrôle du secteur économique.
Tout faire pour préserver Roubaix et ses associations est dans l’immédiat légitime.
Cela implique d’ailleurs que la municipalité n’aggrave pas le mal. C’est pourquoi nous voterons l’amendement présenté par les groupes « Roubaix respecté » et « Nous c’est Roubaix ».
Mais seule une annulation de ces décisions permettrait une analyse concertée des enjeux et des conséquences hors concurrence malsaine.

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